Suisse

  • Notre cerveau est-il sous influence numérique ?

    De drôles de mots ont envahi notre vocabulaire : algorithmes, google glass, MOO C, ebook... et bousculent notre rapport au corps, notre manière de penser, déléguant un pouvoir d'initiative à la technique.

  • l’économie politique et l’écologie ne se tournent plus le dos

    L’image de la pollinisation illustre bien la nouvelle conception de l’économie que devra faire émerger l’écologie de demain:  

    "Les abeilles génèrent avec le miel un produit « marchandisable » dont vit l’apiculteur, mais chacun sait que le travail le plus socialement et écologiquement utile des abeilles est la pollinisation des plantes sauvages ou cultivées.
    La pollinisation peut servir de paradigme pour penser la richesse économique réelle d’une société vivante, du système complexe de l’écosystème et de la biosphère."  

    Une telle société humaine appelle une nouvelle économie politique adéquate à sa réalité.  
    Cela implique de revisiter l’ensemble du programme de la vieille économie politique reposant sur la rareté, et de repenser l’allocation des ressources dans un système, complexe, vivant à partir du principe de minimisation des externalités négatives et de production d’externalités positives.

    On voit qu’ainsi l’économie politique et l’écologie ne se tournent plus le dos.  

    Mais comment peuvent s’articuler leurs relations ? 

  • Une économie verte inclusive

    Le conseil mondial des affaires pour le développement durable (WBCSD), qui représente 200 multinationales et 7’000 milliards de dollars de revenus, estime dans sa profession de foi « Vision 2050 » que les opportunités dans les seuls domaines des ressources naturelles, de la santé et de l'éducation représenteraient autour d'un millier de milliards de dollars jusqu'à 4,5 % du PIB mondial en 2050.

    Dans un rapport, l'Organisation internationale du travail (OIT) pense, elle, que « l'écologisation de l'économie » devrait rapporter entre 15 et 60 millions d'emplois supplémentaires dans le monde, en fonction des stratégies mises en œuvre par les Etats.
    Tous les économistes ne partagent pourtant pas cet enthousiasme, personne ne sachant encore chiffrer le rapport entre la part des emplois créés par le verdissement de l'économie et la part de ceux qui seront détruits.
    Beaucoup d’ONG sont tout aussi sceptiques, elles y voient l'instrument qui permettra aux entreprises de « s'approprier l'agenda environnemental et de développement de l’ONU».
    C'est le concept d'« économie verte inclusive » qu’il faudrait développer, celle du principe de bénéfice, libre de tout droit, des biens communs, comme l'eau, le patrimoine génétique des plantes, mais aussi des biens culturels nécessaires au développement. Mettre en place des outils en matière d'économie circulaire et de circuits courts. Il faut en prendre compte à côté des logiques du secteur privé

    La Banque mondiale ne dit pas autre chose dans son rapport sur la croissance verte.
    Mais le danger est de voir se dessiner un scénario de domination des pays riches, producteurs de normes environnementales, sur les pays émergents.

  • Méditerranée : portail ou barrière ?

    Nous sommes dehors ou dedans ce « Grand Jardin d’Eden » qu’est l’Europe.

    Mais il était un temps où ce jardin s’épanouissait sur la rive sud de la Méditerranée.  Cette mer fut le centre vital de toute l’antiquité.  Elle perdit une partie de son importance avec les découvertes des XVe et XVIe siècles et redevint une route principale d’échanges grâce au percement du canal de Suez en 1869.

    Aujourd’hui, pour les « gens du dehors » cette mer est un portail vers plus de liberté, d’avenir… Et les portes sont multiples (économiques, éducationnelles, culturelles, familiales…). Pour les  « gens du dedans » la Méditerranée est une barrière protectrice (immigration, identité, acculturation…).

    Malheureusement cette barrière fait obstacle à notre avenir, celui des populations qui désirent vivre en harmonie, partager ce passé commun… Car l’Europe est pluriculturelle et multiethnique. N’en déplaise à certains !

    Et le "Grand Jardinier " va rassembler quelques botanistes  afin de créer un jardin d’Eden renouvelé autour de la Méditerranée l’une de nos mères nourricières.

     

  • écologie restrictive versus écologie généralisée

    Dès ses débuts le mouvement écologiste a développé une pensée politique prenant en compte non seulement les être humains mais aussi le cadre naturel dans lequel ils évoluent.

    Cette écologie n'est qu'une écologie restreinte.
     
    Le temps est venu de réfléchir à une écologie généralisée qui pense la culture et la société, qui s'intéresse au conditions d'existence et aux écosystèmes sociaux.

    Une politique qui tienne compte de l'individu et de sa complémentarité avec le collectif, de son désir d'indépendance et son besoin d’attachement, de ses objectifs économiques et de son désir de sens.

  • Un nouveau souffle

    Aujourd'hui nous entrons dans une période d'arrêt de la croissance. Tous les signes le montrent.

    Les "problèmes" énergétiques, sanitaires, économiques, climatiques, etc. sont en faites des symptômes d'un système qui s’essouffle.

    Le "second souffle" passera par des modifications sociales et culturelles.

    Il faut changer notre manière de penser nos valeurs. Nous devons distinguer la croissance quantitative et la croissance qualitative.

    Malheureusement, nos dirigeants n'agissent pas comme s'ils comprenaient la différence entre croissance quantitative et qualitative. Ils poussent automatiquement le bouton de la croissance quantitative. Ils sont addicts à la croissance.Ils veulent être utiles, ils ont un outil, ils imaginent donc que leur outil est utile.

    Mais en réalité, ils ne pensent pas vraiment que cette chose appelée croissance va résoudre nos problèmes, mais ils croient que le reste des personnes le pense.

    Les Japonais ont un dicton qui dit : « Si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou. »

  • Bénévole, la pénurie

    La particularité de la vie associative est de faire appel à des bénévoles, que ce soit pour organiser et mettre en œuvre ses activités mais aussi pour l'administrer.

    La Suisse compterait près d’un million de bénévoles, accomplissant en moyenne 14 heures par mois, un chiffre en stagnation alors que le nombre d'associations ne fait lui que croître.

    La pénurie menacerait-elle ?

    Beaucoup de structures peinent à trouver chaussures à leur pied. Dénicher un président, un trésorier, relève de l'exploit. Le manque est en effet particulièrement criant lorsque l'on recherche des bénévoles disponibles au moins quatre heures chaque semaine...

    Reste que la désaffection relative pour l'engagement associatif, qui s’inscrirait dans un contexte de mobilisation "zapping", n'est pas seulement le fait des bénévoles.

    Les associations se font aussi plus exigeantes. Elles cherchent des compétences. Mais ces exigences en hausses sont-elles accompagnées de mesures concrètes pour satisfaire le besoin d'engagement des bénévoles ?

    L'investissement désintéressé est aussi une ressource qui se manage.

    Mais rendre le bénévolat attractif c'est surtout associer étroitement les bénévoles au projet de l'association et cela reste, encore plus que le recrutement, la première difficulté des responsables associatifs.

  • Argent et démocratie

    Dans une dictature, l’argent sert à acheter des armes , à payer la police et l’armée qui permettent de se maintenir au pouvoir.

    En démocratie, l’argent permet de se faire réélire, en procurant des avantages matériels aux secteurs de la société dont le soutien électoral est indispensable.

    Mais en règle générale, les gouvernements ne prennent aucune mesure qui irait à l’encontre des intérêts d’un secteur industriel puisant, aussi destructrices que puissent en être les activités, à moins d’y être contraints par la pression de l’opinion publique. .

    Malheureusement, les grandes entreprises détiennent le quasi-monopole de l’argent. D’où l’alliance inévitable entre le gouvernement et l’industrie.

    Le résultat inéluctable est que pratiquement aucun choix politique important n’est effectué aujourd’hui parce qu’il est humainement, socialement ou écologiquement souhaitable, mais plutôt parce qu’il sert les objectifs des «associations à but particulier».

     

  • Les insatisfaits de la démocratie

    Par le passé nos démocraties ont été confrontées aux déferlements de passions et menacées par l’intensité des luttes entre les défenseurs d’un certain ordre et les mouvements révolutionnaires.

    Ces événements pèsent encore lourdement sur notre vie politique.

    Dès lors, on pourrait penser que la décrue des passions politiques a pour effet de consolider notre démocratie. Mais ce n'est malheureusement pas le cas. Car, cette évolution a aussi son revers, l’affaiblissement de la croyance dans les vertus du régime démocratique.

    La traduction de cette tendance au désenchantement est la croissance régulière de la non-participation. Et cet état est susceptible d’affaiblir les bases même de notre système politique.

    Pour preuve, les eurobaromètres qui démontrent que le nombre d’insatisfait de la démocratie dépasse régulièrement les 50 %, depuis plus de 20 ans. L’abstentionnisme n’est pas seulement en rapport avec le sentiment d’incompétence politique, et tend à croître avec l’élévation du niveau général d’éducation.

    Les systèmes de valeurs ont évolué vers l’autonomie de l’individu, il en résulte un déclin des grandes organisations hiérarchiques comme les partis politiques et les syndicats, ainsi que les églises.

  • Les limites des indicateurs de performance

    Les mots "indicateurs de performance" sont sur toutes les lèvres. Chacun est à la quête d'une plus grande transversalité, seule façon, semble-t-il, de traiter les questions dans leur complexité culturelle, économique, environnementale et sociale. Cette tendance est compréhensible.

    Mais agir de façon transversale, c'est aussi se donner la possibilité de changer de regard et peut-être de rechercher l'altérité. Or, c'est la qualité du dialogue qui produit une altérité et non l'accumulation de critères et d'indicateurs de performance à laquelle se livrent nos institutions.

    Et lorsqu'elle devient idéologique, la mise en tableau de bord des "indicateurs de performances" ( performance économique et environnementale, traçabilité des investissements humains, mesure d'impact social) se transforme en fiction et plus personne n'y croit vraiment.

    D'ailleurs, nos institutions font preuve de confiance très relative dans les critères qu'elles ont elles-mêmes créé, elles tendent  même à déporter leur défiance sur les projets et les structures bénéficiaires.

  • L’ère de "l’intelligence ambiante"

    D’abord un traçage dans l’espace par le développement des systèmes de biométrie, de vidéosurveillance ou de géo-localisation. Ensuite, un traçage dans le temps que permettent les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux sur internet.

    Le premier met en cause la liberté d’aller et venir à son gré, le second la liberté de pensée et d’expression. Par exemple, des déclarations exhumées dans des moteurs de recherche peuvent nous obliger de justifier à 40 ans ce que vous avez dit à 20 ans.

    Nous vivons actuellement une nouvelle phase dans le développement de la société de l’information avec l’apparition des technologies de "l’intelligence ambiante". Une matérialisation dans le domaine sociopolitique par le passage d’une "société contrôlée" à une "société surveillée".

    Au seuil de l’ère de "l’intelligence ambiante", le droit à l’autodétermination informationnelle est un instrument qui vise à favoriser les potentialités spécifiques mais changeantes des individus qui sont, à la fois dans le temps et dans l’espace, nécessaire, pour soutenir une démocratie vivante.

    Inscrire un nouveau droit constitutionnel sur le droit à " l'autodétermination informationnelle ", soit le droit pour chaque individu de décider lui-même de l'utilisation des informations le concernant se pose donc impérativement.

  • Ethique et efficacité sont-elles réellement inconciliables ?

    Les nombreux scandales régulièrement mis à jour par la presse concernant des pratiques condamnables d’entreprises vis-à-vis de leurs salariés, de l’environnement, voire de la société civile posent clairement la question des motivations de ces actes.
    Dans un contexte concurrentiel très fort sur le marché des biens comme sur le marché des capitaux, les entreprises se doivent d’assurer à leurs actionnaires une rentabilité toujours plus élevée.
    Pour répondre à cette question, j’observe, dans un premier temps, qu’éthique et efficacité semblent inconciliable dans la mesure où la performance économique est mesurée quasiment exclusivement sur des critères financiers (taux de rentabilité, dépenses de recherche, développement, etc.) et que, dans ce cadre, l’étique serait source de coûts supplémentaires.
    Toutefois, il serait plus juste d’avoir une vision plus large que la performance, incluant le bien-être de tous et pas seulement des propriétaires d’entreprises. Il apparaît qu’il existerait des moyens pour que l’éthique devienne un levier d’efficacité, y compris financier.
    Ces moyens passeraient par l’implication des salariés, l’innovation, la conquête de nouveaux marchés ou encore la possibilité d’accroître significativement des parts de marchés dans des secteurs peu dynamiques.
    L’éthique, selon Aristote, a pour objet « le domaine de l’activité humaine reposant sur une décision », et d’après l’European Business Ethic Network (EBEN) « l’éthique n’est pas un ensemble de principes figés mais une ouverture d’esprit conduisant à la réflexion continue dans la recherche du bien ».

  • De la question du désir en politique

    La question du désir est centrale, si nous voulons réorienter nos modes de production, de consommation et de vie. Il ne faut pas seulement proposer une transition vers des sociétés plus sobres : il faut aussi que cette plus grande simplicité soit désirable, qu’elle s’accompagne d’une meilleure qualité de vie.

    Il nous faut changer en profondeur nos systèmes de rétribution fondés sur la course à l’avoir et la possession. Ces systèmes s’appuient sur le paradigme de la rareté : gagner de l’argent, prendre le pouvoir, acquérir la gloire, cumuler les conquêtes …

    C’est toujours le couple » rareté/possession » qui est au cœur du processus. Et le plaisir est lié à cette possession.

    Organiser la rareté est un élément constitutif du paradigme de la possession. Lequel a aussi une conséquence : la peur. Peur de perdre ce pouvoir, cet argent, cette gloire si difficilement acquis.

    Chacun peut trouver sa place sans opprimer l’autre. Chacun trouve un sens à sa vie, sans que ce sens en exclue d’autres, possibles, pour d’autres êtres humains.

    Osons, une alternative à la peur ! Pourquoi ne serait-elle pas « politique » ?

  • La redoutable question de la majorité...

    Puisque le peuple n’est que très rarement unanime et que la règle majoritaire est devenue celle de la démocratie, il ne suffit pas que la loi soit instituée pour éviter que ne se pose la question du maître.

    Car, en effet, si 51 % de la population est d’accord pour privatiser un service public, l’usager pénalisé subira bien la domination d’un maître qui est la majorité.

    La majorité peut être un maître implacable, d’autant plus qu’il a pour lui la légalité procédurale.

    Mais si le peuple peut n'être qu'une majorité réduite, il est faux de croire que l'opinion populaire est toujours conforme à son intérêt et que les intérêts particuliers qui s'expriment dans les votes et les opinions constituent en eux-mêmes un bien commun.

     

  • Aînés et campagne électorale

    En périodes électorales, on voit naître pléthore de solutions pour améliorer les conditions de vie des aînés. Par exemple, citons le renforcement du maintien à domicile, le soutien des proches-aidants, l’accès aux services de santé  et aux soins ou encore le développement de lieux de vie et de modes d’accueil innovants.

    Malgré tout, la réalité des aînés est souvent niée, et plus  particulièrement celle de la femme âgée, seule et vivant en Suisse, sous le seuil de pauvreté. Chez ces femmes on dénombre 10 cas de suicide pour 100'000 personnes et même 70 cas chez celles âgées de plus de 85 ans. Une réalité qui isole et qui n'est pas assez dénoncée.

    Pourtant, cette situation ne suscite guère l’attention de l’opinion publique. Au contraire, le suicide chez les personnes âgées semble être un fait accepté. Les stéréotypes négatifs sont très répandus. On considère par exemple, le désespoir et la solitude chez la personne âgée comme normal.

    Tous les beaux projets électoraux doivent se faire avec la collaboration active des aînés, qui ont leur mot à dire.

    Pour que cette participation se concrétise, il faut que la société ménage des conditions favorables pour accueillir les personnes âgées afin de leur donner la place qu'elles méritent pour rompre leur isolement social.

    Pour ce faire, il faut prévoir d'augmenter la contribution de l'État, soutenir les associations et favoriser le développement des entreprises de proximité.

    "Monsieur, vous savez, quand je parle, personne ne m'écoute, quand je passe, personne ne me regarde. Je suis invisible. C'est ça, vieillir en Suisse".Citation entendue

  • Crise des lois

    L'éthique des affaires émerge dans le contexte de la « crise des lois » dans la situation actuelle de mondialisation et de dérégulation. Il ne s’agit donc pas d’une réponse à une demande sociale mais plutôt d’une «pseudo-normalisation» qui peut être perçue comme de la propagande ou servir d’alibi à une justification idéologique de l’ordre du micro-politique et non dépourvue d’arrière-pensée publicitaire.

    Mais l’étique devient un transfert de légitimité et une justification de la disparition des organes de législation.

    Il s’agit donc d’inclure des normes dans la logique du marché. Ce n’est donc pas une production « gratuite » mais aussi une conséquence de l’affaiblissement de la loi qui met les acteurs face à face.

    L’éthique apparaît ainsi comme une instance de régulation entre les demandes sociales qui s’expriment sur le marché et comme une réponse à une demande de valeur qui ne peut s’exprimer sur le marché.

    L’étique devint la référence d’une renormalisation par rapport à un univers de normes « éclatées ».

  • Lieux de vie

    Lieux d’excellence dans la prise en charge des patients, les établissements hospitaliers sont aussi des lieux de vie pour les patients comme pour les professionnels qui y travaillent ; les logiques humaines, professionnelles ou d’organisation doivent se concilier, exercice délicat au quotidien.

    Les patients hospitalisés et leurs proches témoignent bien souvent et en même temps de l’humanité des professionnels de santé et des difficultés qu’ils ont rencontrées au sein de l’institution hospitalière.

    Cependant, malgré les progrès accomplis, certaines plaintes d’usagers témoignent d’attentes interminables et inexpliquées, d’entraves et de contraintes qui paraissent absurdes, d’un manque d’écoute, de considération ou d’information.

    C’est ce qui est appelé ici la maltraitance « ordinaire », parce qu’elle n’est pas hors du commun et que le risque le plus important de maltraitance réside dans sa banalisation, son « invisibilité et donc son acceptation passive.

    D’autres l’ont appelée, à juste titre aussi, maltraitance « institutionnelle » ou « passive».

  • Les conceptions de la Liberté

    La tradition républicaine rejoint l’opposition au libéralisme sur un point majeur : la conception de la liberté.

    Du côté libéral, lsaiah Berlin, a codifié, il y a plus d'un demi-siècle, une conception de la liberté qui est un peu le vade-mecum du libéralisme. Berlin distingue deux sortes de liberté : la liberté négative qui est définie comme l’absence d’interférences, la liberté positive qui est la maîtrise de soi.

    Cette distinction recoupe à peu près celle de la liberté des Anciens et des Modernes de Benjamin Constant où l'on est passé de la liberté des Anciens, qui est in-fine celle de se gouverner soi-même, à celle des Modernes qui consiste à ne pas subir de contraintes. Or cette distinction peut-être réductrice.

     

    Il existe une autre façon de comprendre la liberté et ses exigences institutionnelles. C’est la conception républicaine. Elle consiste en une absence de domination. Cette tradition est celle de Montesquieu, Tocqueville et Rousseau. Mais en général, si la tradition républicaine insiste sur la participation au pouvoir, c’est pour éviter l’écueil de l’interférence.

     

    Pour Michael Walzer « On ne saurait former une société d’individus libres au sens libéral du mot sans mettre en place un processus de socialisation, une culture prônant l’individualité, et un régime politique soutenant ces valeurs, dont les citoyens soient prêts à se mobiliser pour elle ».

     

    En d’autres termes, cette société représenterait pour la plupart de ses membres une association involontaire. Cela signifie que la liberté libérale n’est pas neutre et oblige les individus à rentrer dans un format qu’ils peuvent légitimement récuser. La limite de la conception libérale de la liberté est qu’elle absolutise cette liberté au mépris d’une réelle liberté de choix.

     

    L’absolutisation de la liberté peut être un déni d’autres valeurs humaines et de la liberté de les défendre.

  • Une démocratie à réinventer

     Il y a plusieurs façons de faire de la politique. Il n’y a pas que le lobbying, les campagnes électorales ou l’engagement dans les partis politiques qui intéressent les citoyens, il y a aussi la démocratie en ligne.

    On a le droit de demander des informations à nos autorités et ceux-ci ont le devoir de nous répondre (ce qu’ils ne font pas toujours), mais nous avons besoin de relations avec eux pour bâtir de bons services. Ce sont les services transparents qui sont les plus efficaces.

    Mais force est de reconnaître qu’en tant que citoyens, nous naviguons dans le noir sur la manière dont fonctionnent nos gouvernements, nous avons besoin d’informations lisibles par les ordinateurs et pas seulement par les humains.

    Il faut créer un site Internet permettant aux citoyens de faire part, très simplement, des problèmes locaux, dans leur rue, dans leur quartier. Des problèmes qu’ils voudraient bien voir résoudre par leurs élus

    La transparence, la collaboration et l’engagement sont les trois principaux indicateurs de la démocratie.

  • Tout est question de culture

    Il n'y a pas de domaine de la vie qui ne soit culturel, pas même l'activité politique, économique, sociale, religieuse ou personnelle

    Chaque politique, comme chaque économie est l'expression d'une culture.

    On ne saurait donc réduire le culturel à un secteur, à côté ou à l'intérieur de l'économique, du politique, du social, comme on le fait généralement.

    Une façon de prendre conscience et de faire prendre conscience du caractère omniprésent et imprégnant de la culture dans nos vies, c'est de parler de notre notion culturelle, de notre culture politique, culture économique, culture familiale, culture sociale (voisinage, amitié, démocratie et de citoyenneté, civiliste et sociétale), de notre culture religieuse, de notre culture médicale, de notre culture de la communication, notre culture linguistique, juridique, éducative, scientifique, alimentaire, récréative et artistique, culture du travail et des loisirs, de notre culture technique, organisationnelle, scientifique et ethnique.