Les insatisfaits de la démocratie

Par le passé nos démocraties ont été confrontées aux déferlements de passions et menacées par l’intensité des luttes entre les défenseurs d’un certain ordre et les mouvements révolutionnaires.

Ces événements pèsent encore lourdement sur notre vie politique.

Dès lors, on pourrait penser que la décrue des passions politiques a pour effet de consolider notre démocratie. Mais ce n'est malheureusement pas le cas. Car, cette évolution a aussi son revers, l’affaiblissement de la croyance dans les vertus du régime démocratique.

La traduction de cette tendance au désenchantement est la croissance régulière de la non-participation. Et cet état est susceptible d’affaiblir les bases même de notre système politique.

Pour preuve, les eurobaromètres qui démontrent que le nombre d’insatisfait de la démocratie dépasse régulièrement les 50 %, depuis plus de 20 ans. L’abstentionnisme n’est pas seulement en rapport avec le sentiment d’incompétence politique, et tend à croître avec l’élévation du niveau général d’éducation.

Les systèmes de valeurs ont évolué vers l’autonomie de l’individu, il en résulte un déclin des grandes organisations hiérarchiques comme les partis politiques et les syndicats, ainsi que les églises.

Commentaires

  • Il y a un désintérêt pour les partis, pas pour les thèmes.
    Les partis sont hors sol.

    A une époque, il y avait un antagonisme entre prolétariat et bourgeoisie: la lutte des classes.
    A la limite, le programme politique des uns et des autres n'étaient pas important, ça se résumait à en vouloir plus par ponction des bourgeois ou garder ses privilèges en sauvegardant la liberté d'"exploiter" à sa façon, le travailleur. Voter, c'était un vote pour sa classe avant celle d'idées.

    De nos jours, la société s'est complexifiée, mais les partis ne se sont pas adaptés, tout au plus il y a eu un fractionnement des partis.
    Qui se reconnait donc maintenant dans de vieilles idéologies rouge ou blanche ?

    Si une division "philosophique"/idéologique se recrée, alors il y aura un renouveau démocratique.
    Il y a 2 tendances qui se dessinent, ceux qui refusent la déshumanisation et cherchent à un meilleur équilibre qualité de vie/économie, et d'autre rêvant de l'humain augmenté, de l'IA, de croissance bref un monde où posséder/consommer domine les besoins fondamentaux humains.

    Actuellement tous les partis vont dans le même sens : croissance/déshumanisation. Exception peut-être des Verts.
    Il n'y a que de vagues différences d'aménagement de cette croissance qui distinguent les partis.

    Tant qu'il n'y a pas de visions percutantes différenciés, l'électeur aura le sentiment que personne tient les reines, et donc que son vote est inutile.
    Ce n'est pas le moralisme rouge ou le disque rayé du libéralisme qui donne envie de voter.

    Dessinez-nous un futur, et on sera pourquoi on vote.

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