09/05/2016

Laïcité «plurielle », «ouverte» ou «positive», cache certaines ambigüités

Laïcité «plurielle », «ouverte» ou «positive», cache mal certaines ambigüités, et se refuse, au nom de la liberté, à distinguer entre traditions culturelles et doctrines religieuses qu’elle place sur un pied de stricte égalité.

A côté de ceux qui, sincèrement, souhaitent redonner sa pleine efficacité à une vieille idée neuve. D’autres pensent le temps venu de reconsidérer ses fondements.

Or, il est nécessaire d’aller y voir de plus près.

Il n’est pas possible de taire ce que symbolise le port du voile islamique pour des femmes musulmanes, pas plus que n’est acceptable la remise en cause, pour des motifs religieux, des législations émancipatrices sur la contraception ou l’avortement.

Voir dans des comportements à justification religieuse une simple affirmation d’identité conduit à abdiquer devant le réel, fut-il frotté d’obscurantisme, et prive la laïcité de son exemplarité libératrice.

La revendication de la liberté religieuse n’a pas le même sens exprimée par des Eglises ou conçue comme l’une des conditions de la laïcité.

Ce que cherchent les Eglises, appuyées sur un partenariat avec les autorités de l’Etat, c’est la reconquête d’un espace de conviction.

La sphère privée, où les avait cantonnées la séparation en 1907, deviendrait la base arrière d’une recolonisation de l’espace public.

Une recolonisation tolérante, inscrite dans un pluralisme religieux assumé, mais potentiellement destructrice du seul vrai pacte laïque, celui conclu entre citoyens égaux.

03/05/2016

Verts, soyez écologistes !

Dès ses débuts le mouvement écologiste a développé une pensée politique prenant en compte non seulement les être humains mais aussi le cadre naturel dans lequel ils évoluent.

Cette écologie n'est qu'une écologie restreinte.

Le temps est venu de réfléchir à une écologie généralisée qui pense la culture et la société, qui s'intéresse au conditions d'existence et aux écosystèmes sociaux.

Une politique qui tienne compte de l'individu et de sa complémentarité avec le collectif, de son désir d'indépendance et son besoin d’attachement, de ses objectifs économiques et de son désir de sens.

Et répondre à ces deux questions fondamentales :
Dans quel monde souhaitons vivre ?
Quelle vie voulons-nous mener ?

18/04/2016

Les insatisfaits de la démocratie

Par le passé nos démocraties ont été confrontées aux déferlements de passions et menacées par l’intensité des luttes entre défenseurs d’un certain ordre et des mouvements révolutionnaires.

 

Ces événements pèsent encore lourdement sur notre vie politique.

 

Ainsi l’on pourrait penser que la décrue des passions politiques a pour effet de consolider notre démocratie…

 

Mais cette évolution à aussi son revers; l’affaiblissement de la croyance dans les vertus du régime démocratique. La traduction de cette tendance au désenchantement est la croissance régulière de la non-participation.

 

Et cet état est susceptible d’affaiblir les bases même de notre système politique.

 

Pour preuve, les eurobaromètres qui démontrent que le nombre d’insatisfait de la démocratie dépasse régulièrement les 50 %, depuis plus de 15 ans. L’abstentionnisme n’est pas seulement en rapport avec le sentiment d’incompétence politique, mais l’absentéisme tend à croître avec l’élévation du niveau général d’éducation.

 

Les systèmes de valeurs ont évolué vers l’autonomie de l’individu, il en résulte un déclin des grandes organisations hiérarchiques comme les partis et les syndicats, sans oublier les églises.

25/02/2016

L'écologie est aussi de droite

La délégation généralisée de la responsabilité, crédo des Verts associés à Genève avec les Socialistes et l’extrême gauche, induit nécessairement  une structuration collective qui écrase la personne au nom de la volonté générale, et diminue son autonomie.

 

Cette posture ne correspond pas/plus à l’écologie politique qui a toujours combattu le gigantisme des structures, et l’emprise de l’État qui déresponsabilise l’individu.

 

Et la revendication d’autonomie ne peut être dissociée d’une revendication à assumer ses responsabilités.

 

Par cet attachement à l’autonomie comme expression de la liberté, l’écologie politique est aussi de droite, sauf à risquer l’illégitimité et l’incohérence.

12/02/2016

Le migrant contribue au développement de notre pays.

En proposant un discours d'exclusion des mouvements populistes obtiennent des résultats électoraux significatifs en misant sur la peur de l'autre, sur la crainte diffuse de l'invasion suscitée par les nouveaux mouvements migratoires.

Ainsi toute demande de reconnaissance culturelle et religieuse émanant des populations d'origine immigrée est perçue avec scepticisme.

On redoute qu'il s'agisse d'attaques masquées contre l'État laïc. Il est vrai que des revendications culturelles et religieuses (par exemple lieux de culte, parcelles dans les cimetières) émanent des populations d'origines immigrées.

Et après avoir longtemps été perçu comme un agent exclusivement économique, les immigrés sont considérés comme des acteurs culturels et religieux qui, selon les interprétations, enrichit notre culture ou la met en péril.

Les migrants réclament une politique de participation sociale… Ils manifestent la volonté de participer à la vie économique, d'acquérir une formation, de respecter l'ordre juridique et d’apprendre notre une langue

Cela dit, ces revendications sont le signe d'une intégration et d'une volonté de participation à la société.

Aujourd’hui, nous devons veiller à une meilleure participation des migrants dans tous les rouages de notre société.

A nous de leurs donner les moyens et la motivation de contribuer au développement de notre pays.

28/01/2016

"Pragmatique", le pire qualificatif pour un homme politique !

Tous les systèmes mis en place (administratif, commercial, industriel) visent à assurer un contrôle.

Les hommes s’efforcent sans cesse d'unifier le monde en faisant des systèmes bien délimités.

Il en résulte d'innombrables petites associations entre partis.

Aujourd’hui le pragmatisme est un nouveau nom pour des anciennes manières de penser, et reste encore une question ouverte, tout comme l’empirisme radical ou le pluralisme.

29/12/2015

Montesquieu insistait sur la séparation des pouvoirs

Aujourd’hui, les attributions de l’Etat se sont considérablement étendues: elles englobent des pans entiers de la sphère sociale et interpellent beaucoup plus étroitement la vie économique.


L’Etat a donc été amené à multiplier les contrôles de nature formelle et de tolérer le développement de pouvoirs de fait, vastes, arbitraires et largement capillarisés dans la société.


Cette évolution n’est nullement condamnable en soi, mais elle implique une technicité accrue des interventions, que le personnel habituel, fauteur et bénéficiaire, n’est pas en mesure de prester, puisque il n’a pas été sélectionné pour ses compétences mais pour sa fidélité à des slogans, des doctrines simplistes ou une camaraderie de mauvais aloi.


Montesquieu insistait sur la séparation des pouvoirs, idéal à atteindre pour garantir les libertés citoyennes. En abattant toutes les cloisons entre ces pouvoirs, la partitocratie a annulé la démocratie au sens où il l'entendait.


Par rapport à l’idéal démocratique, la partitocratie constitue donc une régression. Et non, comme elle le prétend trop souvent, son accomplissement définitif.

21/12/2015

La laïcité n’est pas un principe négatif

La laïcité concerne le principe d’unification des hommes au sein de l’Etat (conçu comme communauté politique). Elle suppose donc une distinction entre «privé» et «public», qu’il faut bien se garder de confondre avec «collectif», qui n’a pas la même signification d’universalité, de ce qui est commun à l’ensemble des hommes appartenant à une même communauté, mais qui désigne simplement l’agrégat de plusieurs intérêts privés, notamment religieux.

La laïcité, conquise à bien des égards contre les traits d’une culture marquée par la religion chrétienne, constitue une rupture avec la tradition occidentale à laquelle on la lie trop hâtivement (il ne faut pas oublier que la liberté de conscience a été condamnée par l’Eglise catholique jusqu’au début du XXe siècle).

Remarque d’importance au regard des argumentations développées par certains tenants de l’intégrisme islamique, qui réduisent la laïcité à un particularisme culturel, non transposable ailleurs.

Il convient ainsi d’éviter tout amalgame entre religion et cléricalisme (entendu ici au sens large d’immixtion des autorités religieuses dans la sphère politique).

17/12/2015

L’équité est une « fiction nécessaire ».

La mise en avant de la notion d’équité sert parfois à masquer une grande tolérance aux inégalités...

On utilise souvent le concept d’équité à la place de celui d’égalité. Pourtant ce n’est pas exactement la même chose.

 

L’idée que le mérite individuel, l’effort ou le travail doivent être récompensés est largement acceptée. Personne ne revendique les mêmes salaires pour tous. Ce qui est juste, c’est que tout le monde ait les mêmes chances dans la vie, pas que tout le monde arrive au même résultat.

 

Et nous acceptons l’idée d’équité sans trop nous poser de questions.

 

Pourtant, en pratique, cette équité n’est vraiment pas facile à atteindre; il faudrait que chacun soit placé sur la même ligne de départ. Si certains partent avec de l’avance, le jeu n’est pas équitable. Il faudrait aussi que chacun dispose des mêmes atouts. La compétition ne doit pas être biaisée.

 

L’équité, c’est l’idée de l’égalité « juste ».

 

On peut accepter le principe de l’équité, mais alors nous ne sommes pas avancés pour ce qui est de l’ampleur des inégalités « justes ». Combien un PDG peut-il gagner avant que cela devienne « injuste »?

Est-il équitable qu’une personne qui aide des personnes âgées toute la journée touche dix fois moins qu’un cadre bancaire ?

L’effort individuel est rarement mesurable : la plupart des rétributions récompensent des efforts réalisés par une équipe, un groupe, etc.

L’équité est une « fiction nécessaire ». On en a besoin certes, car l’effort, le mérite, le travail, sont de meilleurs critères que le milieu de naissance ou la caste.

Mais il s’agit bien d’une fiction; en pratique, les inégalités résultent d’un compromis, d’une lutte de pouvoir entre les membres d’une même société.

 

L’équité, c’est l’idée de justice sociale.

06/12/2015

la peur pour soumettre

Nos gouvernants, mieux que tout autre, ont toujours su que la peur est le meilleur moyen de convaincre. Ils la cultivent et l’exploitent.

Que ce soit pour détourner l’attention, pour justifier plus de taxes ou pour faire accepter une législation impopulaire, ils peuvent toujours compter sur un événement dramatique annoncé.
 
 
Ils exploitent la peur pour soumettre.
 
S’il est vrai que les démocraties modernes dépendent de l’opinion publique, il est aussi vrai que celle-ci est largement dictée par la peur.
 
En maintenant les populations dans un état d’appréhension constant, l'État gruge les libertés au profit d’une bureaucratie gouvernementale.
 
Et malheureusement, les populations acceptent à peu près tout ce qui leur est imposé graduellement…

03/12/2015

2016

La Suisse est face à son destin:

1291, être ou ne pas être.

1941, être ou ne plus être.

2002, d’où venons-nous ?

2015, où allons-nous ?

2016, la Suisse doit-elle résister à tout prix, s'adapter ou …

17/11/2015

Sécurité et libertés

Malheureusement, il n’existe pas d’algorithme permettant de définir l’équilibre idéal entre la promotion de la sécurité et le respect des droits et des libertés. En revanche, des précédents ont montré que favoriser la xénophobie ne procurait pas plus de sécurité.

 

Le racisme peut même être une source d’insécurité quand la discrimination nourrit le ressentiment, et parfois la violence, de ceux qui en sont victimes.

 

Paradoxe, peut-être, de l’antiracisme: être réduit à contrer le racisme sécuritaire en utilisant un registre alarmiste similaire…

 

04/11/2015

La laïcité n’est pas hostile à la religiosité

"Laïc" vient du grec "laos" qui désigne l'ensemble du peuple. Il s'agit en effet de réaliser l'unité du peuple au-delà des différences de croyances.

La laïcité concerne le principe d’unification des hommes au sein de l’Etat (conçu comme communauté politique). Elle suppose donc une distinction entre «privé» et «public», qu’il faut bien se garder de confondre avec «collectif», qui n’a pas la même signification d’universalité, de ce qui est commun à l’ensemble des hommes appartenant à une même communauté, mais qui désigne simplement l’agrégat de plusieurs intérêts privés, notamment religieux.

La laïcité, conquise à bien des égards contre les traits d’une culture marquée par la religion chrétienne, constitue une rupture avec la tradition occidentale à laquelle on la lie trop hâtivement (il ne faut pas oublier que la liberté de conscience a été condamnée par l’Eglise catholique jusqu’au début du XXe siècle).

Remarque d’importance au regard des argumentations développées par certains tenants de l’intégrisme islamique, qui réduisent la laïcité à un particularisme culturel, non transposable ailleurs.

 

Il convient ainsi d’éviter tout amalgame entre religion et cléricalisme (entendu ici au sens large d’immixtion des autorités religieuses dans la sphère politique).

01/11/2015

Et si la Politique pouvait s'inspirer du Rugby

Me revient en mémoire les propos d’un entraîneur de rugby ; “il faut arrêter de dire qu’une équipe qui attaque et va vers l’avant prend des risques…elle essaie de créer des opportunités”. Il est vrai qu’on classe toujours les « compétiteurs » dans deux catégories : ceux qui avancent et dont ont dit qu’ils ont un jeu “à risque” et ceux qui se recroquevillent, défendent avec acharnement, et espèrent que l’orage passera.

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22/10/2015

Le traité de libre-échange transatlantique (TAFTA)

Pour ceux qui analysent les tendances actuelles, il ne fait aucun doute que l’avenir, pour l’instant du moins, est aux mains des multinationales. Au fur et à mesure que le marché s’étend pour englober la planète entière, on laisse le champ libre aux partisans du libre-échange.

 

Les partisans du libre-échange font croire qu’ils libèrent l’individu d’un ensemble d’entraves que des gouvernants lui avaient imposées comme à ses ancêtres. Mais l’«individu» qui bénéficie du libre-échange, c’est en réalité la multinationale, et la «liberté» acquise est celle d’abattre les forêts vierges pour fabriquer du contreplaqué, du papier hygiénique...

 

C’est la liberté de produire du C02, sans véritable contrainte. C’est la liberté d’augmenter la pauvreté et la détresse, la malnutrition et la maladie, C’est la liberté d’entraîner chaque année l’extinction de centaines de milliers d’espèces vivantes, tout cela pour satisfaire les intérêts financiers à court terme de quelques industries irresponsables, et des bureaucrates et politiciens à leur solde.

 

Voilà la «liberté» que permet le libre-échange, voilà quels sont les enjeux défendus le traité de libre-échange transatlantique (TAFTA)

 

 

C’est exactement de l’inverse que nous avons besoin, il nous faut évoluer vers un monde composé de communautés en grande partie autosuffisantes, qui mènent leurs activités économiques à l’échelon de la famille, de la petite entreprise artisanale et de la communauté elle-même, dans le but de satisfaire les besoins locaux par l’intermédiaire d’un marché local.

 

C’est là la seule voie qui permettra de subordonner les activités économiques aux impératifs biologiques, sociaux, écologiques et éthiques et à la survie de l’humanité sur notre planète.

 

 

14/10/2015

L'immigré, exclusivement agent économique ?

Après avoir longtemps été perçu comme un agent exclusivement économique, l’immigré et ses descendants, sont considérés comme des acteurs culturels et religieux qui, selon les interprétations, enrichit notre culture ou la met en péril.

 

Ainsi toute demande de reconnaissance culturelle et religieuse émanant des populations d’origine immigrée est perçue avec scepticisme. On redoute qu’il s’agisse d’attaques masquées contre l’État laïc.

 

Il est vrai que des revendications culturelles et religieuses (par exemple lieux de culte, parcelles dans les cimetières) émanent des populations d’origines immigrées.

 

Cela dit, ces revendications sont le signe d’une intégration et d’une volonté de participation à la société.

 

Toutefois, s’il ne faut pas exagérer l’importance et la portée de ces revendications, il est tout aussi dangereux de ne pas prendre en compte les formes diverses du radicalisme religieux en Suisse.

13/10/2015

L’on est toujours l’étranger d'à côté... ou d'ailleurs

La Suisse a connue des vagues d’intense immigration. On est passés d’une population de 5% d’émigrés dans les années 40 à plus de 15% dans les années 70.

 

L’étranger du canton "d’à coté » est devenu l’étranger d’ailleurs. C’est à cette époque que son nés les premiers partis identitaires, comme l’Action nationale.

 

On instaure alors des examens d’assimilation, préludes à la procédure de naturalisation. Au niveau national, on demande des choses simples : que les futurs citoyens ne soient pas des criminels, qu’ils aient passé au moins douze ans en Suisse et qu’ils soient en bonne santé.

 

Le reste des critères est délégué aux communes.

On y trouve des choses très surprenantes sensées constituer l’identité suisse. On demande par exemple aux futurs suisses ce qu’ils préparent à manger, les journaux qu’ils lisent, des connaissances sur le chocolat.

 

L’identité se résume alors à un assemblage procédural assez hétéroclite qui trahit justement son manque de fondement véritable.

 

Face à l’immigration rapide des années 50/70, qui fait aujourd’hui de la Suisse le pays qui comporte le plus grand taux d’étrangers, plus de 20% de la population et même 40% dans le canton de Genève, les partis identitaires, oubliant le paradoxe même de leur existence dans un pays à l’identité si éclatée, brandissent alors la menace potentielle de l’étranger, comme bouc émissaire des multiples maux de la Suisse.

 

Une logique qui s’est adaptée aux vagues successives d’immigration, visant d’abord les italiens, puis les ressortissants des pays de l’est et aujourd’hui le frontalier ou le musulman. On est toujours l’étranger d’un autre.

 

Mais, c’est sa diversité qui fait la force de la Suisse.

 

Une diversité qui fait en tout cas la force de l’équipe suisse de football qui vient de se qualifier pour l'Euro 2016, forte de ses joueurs d’origines variées.

09/10/2015

Notre avenir se joue en Syrie

Les réfugiés syriens changeront notre futur... Ils auront une incidence sur notre législation, nos valeurs et notre économie. Ce défi est le plus important que nous ayons à surmonter depuis la seconde guerre mondiale.

 

Si nous parvenons à les intégrer ils participeront à surmonter notre crise démographique, à maintenir notre prospérité et participeront à la construction pluriculturelle de notre pays.

 

Si nous ne parvenons pas gérer cet afflux de migrants et à favoriser rapidement leur intégration, nous nous réveillerons avec la gueule de bois d'un populisme xénophobe.

07/10/2015

Affirmation des identités nationales

La cohésion sociale peut-elle s’accommoder d’une diversité cultuelle ou suppose-t-elle nécessairement un ciment culturel partagé par tous ?

 

 

Poser ces questions n’est pas aisé, alors qu’aujourd’hui il est de bon ton de rejeter toute forme de interculturalisme dans un contexte marqué par des attitudes hostiles à l’égard de l’immigration.

 

 

Sur le plan culturel, on voit se développer des tendances indéniables à l’uniformisation de la culture de masse, soutenues par un développement technologique frénétique.

 

 

Mais ces tendances sont contrebalancées par la résurgence de revendications de spécificités culturelles et par l’affirmation d’identités nationales, culturelles et religieuses parfois très restrictives.

 

 

Le nationalisme, sous ses différentes formes, reste une idéologie puissante.

 

 

Les identités culturelles et religieuses constituent parfois des refuges rassurants pour une population dépassée, voire effrayée, par la rapidité et la profondeur des changements en cours, et qui se sent souvent discriminée ou exclue.

06/10/2015

Le raciste c'est l'Autre

L’axiome selon lequel les espaces du racisme s’élargissent à mesure que l’identité nationale se contracte est confirmé dans un nombre grandissant de pays.

 

Ce constat invite à s’interroger sur les stratégies antiracistes actuelles dans un contexte marqué par une suspicion grandissante à l’égard de nouvelles catégories de « personnes à risques» rendu paradoxalement permanent à travers la manipulation de l’obsession sécuritaire.

 

L’essentiel n’est pas de trancher entre les thèses des communautariens et celles des libéraux, mais d’être conscient des possibles dérives du discours sur le droit à la différence quand celui-ci ne sert qu’à masquer un banal racisme.