29/01/2016

Le microcrédit bras armé du "Social Business"

A quelques jours de l’ouverture de la 7ème édition de la Place des Affaires (1-4 février), et au regard du programme proposé aux visiteurs, je suis surpris de ne rien voir par rapport au microcrédit.

C’est un marché en pleine expansion - entre 30% et 50% par an -, mais il se limite à un petit secteur de clients privés, avec une sensibilité particulière. La plus grande partie de la communauté financière n’a ni les connaissances, ni la motivation, d’investir dans la micro-finance.

En effet, si les rendements sont sûrs, ils restent modestes. Voilà un rôle que pourrait vêtir nos autorités politiques cantonales.

Le microcrédit est un complément à l'économie sociale et solidaire (conférence le 1er février à 16 :30), afin que les entreprises bénéficiaires puissent gagner en autonomie.

A l’origine de tout, une idée simple: prêter quelques milliers de francs à une personne pour lui permettre de monter une micro-entreprise.

Entendez par là des investissements qui profitent à des secteurs délaissés par les banques.

 

28/01/2016

"Pragmatique", le pire qualificatif pour un homme politique !

Tous les systèmes mis en place (administratif, commercial, industriel) visent à assurer un contrôle.

Les hommes s’efforcent sans cesse d'unifier le monde en faisant des systèmes bien délimités.

Il en résulte d'innombrables petites associations entre partis.

Aujourd’hui le pragmatisme est un nouveau nom pour des anciennes manières de penser, et reste encore une question ouverte, tout comme l’empirisme radical ou le pluralisme.

26/01/2016

Donnant-donnant ou... gagnant ?

Notre société, et particulièrement à Genève, est irriguée et organisée par de nombreuses associations : de consommateurs, à caractère religieux, professionnel et des lobby lobbies en tout genre.

 

Ces groupes constituent un véritable pouvoir social et sont financés par des fonds privés ou/et publics.

 

Ils influencent le débat public en définissant régulièrement de nouveaux enjeux. L’autre conséquence est une conception de la politique comparable à celle d’un échange commercial qui suit la loi du « donnant donnant »

 

Par exemple : je suis enseignant, très concerné par l'avenir de notre système éducatif, et j'assure la présidence de mon syndicat professionnel.

 

Si vous, Mr. X, me promettez d'augmenter le budget de l’enseignement, je vous promets en échange le soutien de mon syndicat.

 

18/01/2016

Il est si facile de se couler dans le moule

L’éthique exige souvent d’aller à l’encontre du consensus ambiant au risque parfois d’une traversée du désert…

Les managers sont plus que jamais obligés de s’interroger sur leurs valeurs personnelles et le sens de leurs actions.

Ils se trouvent un jour confrontés à l’un de ces choix cornéliens où s’affrontent convictions personnelles, et exigences professionnelles. Les contraintes du court terme, l’obsession des résultats et la crainte de perdre son boulot s’allient pour augmenter la pression.

Comment trouver un compromis pour ménager la chèvre et le chou ?

Alors qu’il est si facile de se couler dans le moule.

Mais il est possible de diriger sa vie et sa carrière, sans trahir ses valeurs, que la crise soit mondiale ou liée à l’actualité de l’entreprise, sans trahir ses valeurs, ni mettre en danger sa carrière.

07/01/2016

Emplois de Solidarité: Monsieur Mauro Poggia, la solution existe !

 

Je suis surpris que l'on cherche encore une solution pour les emplois de solidarité, il suffit de se rappeler des débats sur la mise en place de cette mesure pour les personnes et les entreprises nécessiteuses.

Si ces emplois étaient réservés à des personnes en fin d'indemnités de chômage, les entreprises du second marché devaient justifier de l'utilité pour bénéficier d'un renfort de personne pour se développer et à terme pouvoir employer cette personne sans besoin de recourir à ces emplois aidés.

Le modèle:

L'état prenait en charge une partie du salaire selon un accord spécifique avec l'entreprise éligible.

> Démonstration qu'avec l'engagement d'un collaborateur supplémentaire elle pouvait développer son offre.

> L'aide de l'état était limité à 4 ans: la première année la prise en charge est de 90% du salaire, puis de manière dégressive; 80% la seconde année, 50% la troisième et 30% la dernière années.

> A charge de l'entreprise de compléter le salaire.

> Offrir à la personne au bénéfice de cette mesure la possibilité de se former.

Permettez un exemple: une gardien de musée devrait pouvoir se former pour devenir guide touristique.

 

Le système c'est grippé; les entreprises du 1er marché se sont opposées pour diverses raisons (concurrence, salaire minimum de facto et surement d'autres motifs). Et les promoteurs de cette merveilleuse idées ont cédé aux injonctions des représentants des milieux patronaux; ces emplois sont devenus pérennes.

 

De plus le SECO est intervenu à plusieurs reprises afin de signifier qu'il n'était plus possible de maintenir ces emplois aidés qui ressemble de plus en plus à l'ancien régime, celui des ETC (emplois temporaires cantonaux).

 

Monsieur Mauro Poggia, un effort et tout pourrait rentrer dans l'ordre.

Les 80 millions de francs consacrés chaque année à la lutte contre le chômage ont-ils été bien et entièrement utilisés afin de dynamiser le retour à l'emploi ?

Combien de bénéficiaires ont retrouvé un emploi dans le marché primaire et combien sont retournés au chômage ?

 

17/12/2015

L’équité est une « fiction nécessaire ».

La mise en avant de la notion d’équité sert parfois à masquer une grande tolérance aux inégalités...

On utilise souvent le concept d’équité à la place de celui d’égalité. Pourtant ce n’est pas exactement la même chose.

 

L’idée que le mérite individuel, l’effort ou le travail doivent être récompensés est largement acceptée. Personne ne revendique les mêmes salaires pour tous. Ce qui est juste, c’est que tout le monde ait les mêmes chances dans la vie, pas que tout le monde arrive au même résultat.

 

Et nous acceptons l’idée d’équité sans trop nous poser de questions.

 

Pourtant, en pratique, cette équité n’est vraiment pas facile à atteindre; il faudrait que chacun soit placé sur la même ligne de départ. Si certains partent avec de l’avance, le jeu n’est pas équitable. Il faudrait aussi que chacun dispose des mêmes atouts. La compétition ne doit pas être biaisée.

 

L’équité, c’est l’idée de l’égalité « juste ».

 

On peut accepter le principe de l’équité, mais alors nous ne sommes pas avancés pour ce qui est de l’ampleur des inégalités « justes ». Combien un PDG peut-il gagner avant que cela devienne « injuste »?

Est-il équitable qu’une personne qui aide des personnes âgées toute la journée touche dix fois moins qu’un cadre bancaire ?

L’effort individuel est rarement mesurable : la plupart des rétributions récompensent des efforts réalisés par une équipe, un groupe, etc.

L’équité est une « fiction nécessaire ». On en a besoin certes, car l’effort, le mérite, le travail, sont de meilleurs critères que le milieu de naissance ou la caste.

Mais il s’agit bien d’une fiction; en pratique, les inégalités résultent d’un compromis, d’une lutte de pouvoir entre les membres d’une même société.

 

L’équité, c’est l’idée de justice sociale.

15/12/2015

Quand le débat politique se réduit à un débat de conseil d’administration

Les attentes vis-à-vis de nos députés changent !

On attend d’eux des réponses aux multiples problèmes engendrés par les mutations socio-économiques.

Nos Conseillers d’Etat se transforment en hommes d’affaires et ils s’emparent du pouvoir au nom de la performance et de la compétence, ils proposent de gérer la cité sur un modèle strictement économique.

Le débat politique se réduit à un débat de conseil d’administration autour de problèmes budgétaires et financiers.

Il ya là, un piège !

 

L’approche comptable impose ses normes aux affaires publiques. Les considérations économiques surdéterminent tous les registres de la vie sociale.

Les hommes politiques pensent fonder l’efficacité de leur action dans le modèle managérial, alors que c’est ce même modèle qui dévalorise l’action publique.

Là, il y a danger…

 

03/12/2015

2016

La Suisse est face à son destin:

1291, être ou ne pas être.

1941, être ou ne plus être.

2002, d’où venons-nous ?

2015, où allons-nous ?

2016, la Suisse doit-elle résister à tout prix, s'adapter ou …

27/11/2015

Genève, +5°

5°, c’est ce que pourrait gagner la ville de Genève à la fin de ce siècle selon le scénario du Hadley Center. Or, Genève n’est pas adaptée à de telles températures.

Cela signifie un climat équivalent à celui actuellement en vigueur dans le sud de l'Espagne. Comme l'ont montré ces derniers épisodes de canicules, nous ne sont pas adaptées à ces chaleurs. Comment vivra-t-on dans la ville de demain ?

Cette donnée est encore trop peu prise en compte, même dans les plans climat énergie, pour répondre à cet enjeu, il faut absolument articuler les plans climats avec les plans d’urbanisme, en intégrant une forte densité urbaine tout en maintenant une qualité de vie.

Il faut s’attendre à une phase extrêmement compliquée d’ici à 2050, les changements urbains se préparent 30 ans à l’avance, avant que la ville ne puisse totalement se réinventer.

Les urbanistes vont devoir jouer les équilibristes...

22/11/2015

La Letr est un échec

Une politique d'intégration axée sur la gestion des emplois ne permet pas de répondre aux défis du futur.

Une intégration active doit être considérée comme un investissement permettant de valoriser le potentiel de la population migrante.

Hors, depuis l’entrée en vigueur de la Letr (basée sur un processus de réciprocité auquel les étrangers doivent participer) nous devons malheureusement constater que l’esprit de cette loi est un échec.

Les problèmes linguistiques à l'école, l'isolement des parents et la formation déficiente des jeunes le démontrent clairement.

Les migrants réclament une politique de participation sociale…Ils manifestent la volonté de participer à la vie économique, d'acquérir une formation, de respecter l'ordre juridique et d’apprendre notre une langue.

Aujourd’hui, nous devons veiller à une meilleure participation des migrants dans tous les rouages de notre société

17/11/2015

Sécurité et libertés

Malheureusement, il n’existe pas d’algorithme permettant de définir l’équilibre idéal entre la promotion de la sécurité et le respect des droits et des libertés. En revanche, des précédents ont montré que favoriser la xénophobie ne procurait pas plus de sécurité.

 

Le racisme peut même être une source d’insécurité quand la discrimination nourrit le ressentiment, et parfois la violence, de ceux qui en sont victimes.

 

Paradoxe, peut-être, de l’antiracisme: être réduit à contrer le racisme sécuritaire en utilisant un registre alarmiste similaire…

 

13/11/2015

Nos finances publiques sont exposées à des risques...

En cette période d’arbitrages budgétaires il devient important de réfléchir à développer une politique budgétaire durable (une politique budgétaire est considérée comme durable si le taux d'endettement n'augmente pas).

Malheureusement les calculs de notre administration montrent que le vieillissement de la société conduit à un surcroît considérable des charges pour les finances publiques, qui entraîneront une augmentation massive de la dette.

 

L’endettement croissant de la société ne pourra être maîtrisé que si les réformes destinées à préserver l’État social sont décidées et mises en œuvre rapidement. Plus les réformes interviendront tard, plus les corrections qui s'imposeront seront douloureuses.

Ces prochaines décennies, il faudra aussi tenir compte de risques tels que les conséquences des changements climatiques, les épidémies ou une raréfaction et donc un renchérissement des ressources naturelles.

C'est pourquoi il convient d'insister sur le fait que les finances publiques sont exposées à des risques qu'il n'est pas aisé de quantifier et qui soulignent encore la nécessité d'agir au niveau politique.

10/11/2015

Dette versus PIB

Par rapport au PIB, notre endettement aura passé de quelque 50 % en 2010 à environ 130 % en 2050.
Plus le pouvoir politique repousse les réformes, plus grandes devront être les corrections par la suite : en 2020, le défaut de financement atteindra entre 2 et 2,9 % du PIB par année.  

L’endettement croissant de la société ne pourra être maîtrisé que si les réformes destinées à préserver l'Etat social sont décidées et mises en œuvre à temps.   
Plus les réformes interviendront tard, plus les corrections qui s'imposeront seront importantes.   

De plus ces prochaines décennies, il faudra aussi tenir compte de risques tels que les conséquences des changements climatiques, les épidémies ou une raréfaction et donc un renchérissement des ressources naturelles.   

C'est pourquoi il convient d'insister sur le fait que les finances publiques sont exposées à d'autres risques qu'il n'est pas aisé de quantifier et qui soulignent encore la nécessité d'agir au niveau politique.

06/11/2015

Un nouveau Centre, l'autre Centre

L’autre Centre, c’est proposer une vision politique assez large pour que la cohérence puisse en être éprouvée dans la durée.

 

Aujourd'hui nous devons avancer sur un autre chemin, dont s’écartent à la fois le néolibéralisme et le collectivisme. Ce néolibéralisme avec sa prime à la force brute. Ce collectivisme qui perpétue l’illusion totalitaire de Rousseau, qui néglige le risque de découragement des investisseurs.

 

Ce nouveau centre doit souligner la fonction organique des communautés médianes qui ordonnent les activités particulières vers un but social sans user de la contrainte étatique.

 

Le partenariat social doit rester une réalité solide, même s’il est moins médiatique que le triomphe des grands financiers et les révoltes de protestataires aux cortèges sans lendemains.

 

A la convergence des efforts individuels, nous devons œuvrer selon des modalités nouvelles, mais en fonction de principes durables en conservant la substance d’une pensée qui incorpore l’élan de la créativité et de la responsabilité personnelle, en reconnaissant la fonction suprême de l’Etat que s’il consolide les forces en respectant leur autonomie.

 

29/10/2015

Le privilège...

Pouvoir agir sans être responsable, de bénéficier d’un avantage qui est interdit aux autres porte un nom : cela s’appelle un privilège

 

Ce découplage est économiquement destructeur; il est politiquement injuste car il porte une rupture des principes démocratique, il est injuste, non au sens moral mais au sens politique.

 

Il constitue une violation du premier principe démocratique, celui qui établi que « nul ne peut prétendre au contrôle sans endosser une responsabilité des actes issus de son contrôle. »

 

Le rétablissement d’une symétrie entre prise de risque et opportunité constitue le grand chantier économique et politique des années à venir.

22/10/2015

Le traité de libre-échange transatlantique (TAFTA)

Pour ceux qui analysent les tendances actuelles, il ne fait aucun doute que l’avenir, pour l’instant du moins, est aux mains des multinationales. Au fur et à mesure que le marché s’étend pour englober la planète entière, on laisse le champ libre aux partisans du libre-échange.

 

Les partisans du libre-échange font croire qu’ils libèrent l’individu d’un ensemble d’entraves que des gouvernants lui avaient imposées comme à ses ancêtres. Mais l’«individu» qui bénéficie du libre-échange, c’est en réalité la multinationale, et la «liberté» acquise est celle d’abattre les forêts vierges pour fabriquer du contreplaqué, du papier hygiénique...

 

C’est la liberté de produire du C02, sans véritable contrainte. C’est la liberté d’augmenter la pauvreté et la détresse, la malnutrition et la maladie, C’est la liberté d’entraîner chaque année l’extinction de centaines de milliers d’espèces vivantes, tout cela pour satisfaire les intérêts financiers à court terme de quelques industries irresponsables, et des bureaucrates et politiciens à leur solde.

 

Voilà la «liberté» que permet le libre-échange, voilà quels sont les enjeux défendus le traité de libre-échange transatlantique (TAFTA)

 

 

C’est exactement de l’inverse que nous avons besoin, il nous faut évoluer vers un monde composé de communautés en grande partie autosuffisantes, qui mènent leurs activités économiques à l’échelon de la famille, de la petite entreprise artisanale et de la communauté elle-même, dans le but de satisfaire les besoins locaux par l’intermédiaire d’un marché local.

 

C’est là la seule voie qui permettra de subordonner les activités économiques aux impératifs biologiques, sociaux, écologiques et éthiques et à la survie de l’humanité sur notre planète.

 

 

20/10/2015

La Suisse a-t-elle encore besoin des Verts ?

La Suisse a-t-elle encore besoin des Verts ? Sans aucun doute. Les Verts donnent-ils encore envie ? Un léger doute s'installe...

 

Ils se sont fait déposséder de l'écologie et imposer le langage par les conservateurs. Ils ont parler d'économie au lieu de l'emploi. Ils n'ont pas parler d'écologie, mot qui a même disparu de la page d'accueil de leur site internet.

 

Non seulement ils ont été dépossédés de l'idéologie mais aussi du langage. Aujourd'hui tous les acteurs politiques ont intégré un brin d'écologie dans leurs discours.

 

Aujourd'hui entendre parler d'écologie ne fait plus penser aux Verts, la victoire des conservateurs est actée.

 

De plus une mauvaise stratégie a été déployée. Par exemple sur l'immigration, ils ont laisser traîner le débat sur l'immigration et laisser dire que l'immigration est un problème au lieu de prendre la parole pour dire que l'immigration pose des problèmes. Ce qui n'est pas la même chose.

 

Les Verts on perdu la bataille du langage et la bataille des idéologies. C'est ainsi que l'on perd les élections.

 

Il est temps de faire émerger autre chose, de proposer des projets politiques avec une vision alternative du monde en cohérence avec des valeurs écologiques, éviter les atermoiements.

 

 

Il faut renoncer au consensus au profit du dissensus.

16/10/2015

Aujourd’hui, l'Etat doit accomplir une mutation et vivre avec son temps. Il faut redéfinir sa mission.

L’évolution récente de la politique oppose avec une intensité accrue un Etat fort à un Etat light.

Mais il existe à la conjonction de ces deux organisations ; l’Etat solide qui s’écarte à la fois du libéralisme et du collectivisme. D’un libéralisme avec sa prime à la force brute. D’un collectivisme qui perpétue l’illusion totalitaire de Rousseau, qui néglige le risque de découragement des investisseurs privés.

Un Etat solide souligne la fonction organique des communautés médianes qui ordonnent les activités particulières vers un but social sans user de la contrainte étatique.

Aujourd’hui, l'Etat, doit accomplir une mutation et vivre avec son temps. Il faut redéfinir sa mission.

Il faut donner aux services publics les moyens humains et matériels de faire correctement leur travail.

Il faut investir beaucoup plus dans la recherche et l'innovation pour préparer l'avenir puisque le fonctionnement à court terme du marché ne permet pas les choix à long terme.
Il faut libérer les énergies, encourager le goût d'entreprendre, pousser les entreprises à faire preuve d'audace et de créativité.

Le service public doit apporter les formations professionnelles qui permettront de changer d'emploi sans dommage, de rebondir ou de se reconvertir avec l'assurance d'un filet de sécurité et d'un accompagnement individuel de qualité. Il faut mutualiser les risques entre les salariés et les entreprises.

Pour accomplir cette mutation il faut un Etat solide, ni plus ni moins.

A nous de maintenir et de renouveler une pensée qui associe la responsabilité et la liberté, de conserver la substance d’une pensée qui incorpore l’élan de la créativité et de la responsabilité personnelle, de reconnaître la fonction suprême de l’Etat que s’il consolide les forces de la nation en respectant leur autonomie.

14/10/2015

L'immigré, exclusivement agent économique ?

Après avoir longtemps été perçu comme un agent exclusivement économique, l’immigré et ses descendants, sont considérés comme des acteurs culturels et religieux qui, selon les interprétations, enrichit notre culture ou la met en péril.

 

Ainsi toute demande de reconnaissance culturelle et religieuse émanant des populations d’origine immigrée est perçue avec scepticisme. On redoute qu’il s’agisse d’attaques masquées contre l’État laïc.

 

Il est vrai que des revendications culturelles et religieuses (par exemple lieux de culte, parcelles dans les cimetières) émanent des populations d’origines immigrées.

 

Cela dit, ces revendications sont le signe d’une intégration et d’une volonté de participation à la société.

 

Toutefois, s’il ne faut pas exagérer l’importance et la portée de ces revendications, il est tout aussi dangereux de ne pas prendre en compte les formes diverses du radicalisme religieux en Suisse.

13/10/2015

L’on est toujours l’étranger d'à côté... ou d'ailleurs

La Suisse a connue des vagues d’intense immigration. On est passés d’une population de 5% d’émigrés dans les années 40 à plus de 15% dans les années 70.

 

L’étranger du canton "d’à coté » est devenu l’étranger d’ailleurs. C’est à cette époque que son nés les premiers partis identitaires, comme l’Action nationale.

 

On instaure alors des examens d’assimilation, préludes à la procédure de naturalisation. Au niveau national, on demande des choses simples : que les futurs citoyens ne soient pas des criminels, qu’ils aient passé au moins douze ans en Suisse et qu’ils soient en bonne santé.

 

Le reste des critères est délégué aux communes.

On y trouve des choses très surprenantes sensées constituer l’identité suisse. On demande par exemple aux futurs suisses ce qu’ils préparent à manger, les journaux qu’ils lisent, des connaissances sur le chocolat.

 

L’identité se résume alors à un assemblage procédural assez hétéroclite qui trahit justement son manque de fondement véritable.

 

Face à l’immigration rapide des années 50/70, qui fait aujourd’hui de la Suisse le pays qui comporte le plus grand taux d’étrangers, plus de 20% de la population et même 40% dans le canton de Genève, les partis identitaires, oubliant le paradoxe même de leur existence dans un pays à l’identité si éclatée, brandissent alors la menace potentielle de l’étranger, comme bouc émissaire des multiples maux de la Suisse.

 

Une logique qui s’est adaptée aux vagues successives d’immigration, visant d’abord les italiens, puis les ressortissants des pays de l’est et aujourd’hui le frontalier ou le musulman. On est toujours l’étranger d’un autre.

 

Mais, c’est sa diversité qui fait la force de la Suisse.

 

Une diversité qui fait en tout cas la force de l’équipe suisse de football qui vient de se qualifier pour l'Euro 2016, forte de ses joueurs d’origines variées.