25/05/2018

Eh bien non !

Quand j’écoute les analyses de certains commentateurs politiques dans les jours qui suivent une élection, j’ai l'impression que tout était prévisible dès le départ…

Ils ne sont jamais surpris.« Le message de l’un était trop libéral, l’autre trop sécuritaire, et trop étatiste pour le troisième.
Ils n'avaient pas su répondre aux attentes des électeurs, etc. »

Eh bien non !

Bien sûr que le message est important.
Les qualités intrinsèques d'une candidature aussi sont importantes.
Mais plus que tout cela, c'est la capacité du candidat et de son équipe à mettre en forme un discours et à transformer des défauts en atouts qui déterminent véritablement l'issue d'une élection.

Lors du choix, les électeurs doivent se prononcer sur une vision de l'avenir qui pourra conduire à de véritables changements dans leur mode de vie, ils ne pardonneront pas à un candidat son inconsistance, qu'elle soit prouvée ou supposée.

Pendant des années, les ressources vitales d'un parti politique en période d'élection ont été les hommes et l'argent. Désormais et de plus en plus, ce sera l'information, et la transformation de cette information.

Et c'est là que le marketing politique intervient.
Chaque équipe doit mettre toute son énergie au service de la victoire.
Mais dans une campagne électorale la première impression compte plus que tout autre. Il faut éviter de mettre la tactique avant la stratégie, il faut avoir de la rigueur dans les thèmes abordés et dans la manière de le faire (pas trop de thèmes ou d'angles d'attaque différents), il faut maîtriser parfaitement les techniques de la communication politique et établir une stratégie publicitaire plus présente...
Il ne faut pas donner l'impression de vouloir satisfaire tout le monde, avec comme conséquence attendue de ne satisfaire personne.
Si une telle méthode est vouée à l'échec en marketing commercial, elle l’est encore plus en marketing politique.

L’utilisation des techniques de e-marketing n’a pas besoin de moyens énormes pour créer un site internet interactif et la maîtrise de ces techniques apporte un avantage certain.
Si internet est un outil formidable de segmentation des messages à travers le marketing direct, il est aussi un forum d'expression du contre-pouvoir détenu par la société civile.
En ciblant leurs messages d'une manière plus précise et plus pertinente, les candidats réussiront à atteindre des électeurs qui jusqu'à présent ignorés des grands partis parce que difficiles à atteindre.

22/05/2018

Avons-nous encore la liberté de penser ?

Admettons qu’il soit possible d’étouffer la liberté des Hommes et de leur imposer le joug, à ce point qu’ils n’osent pas même murmurer quelques paroles sans l’approbation du « Chef ». Jamais, à coup sûr, on n’empêchera qu’ils ne pensent selon leur libre volonté.

Les Hommes penseront d’une façon, parleront d’une autre, que par conséquence la bonne foi, vertu si nécessaire à l’Etat, se corrompra.
L’adulation, si détestable, et la perfidie seront à l’honneur, entraînant la fraude avec elles et par suite la décadence de toutes les bonnes et saines habitudes.

Bien entendu que je ne parle pas des flatteurs et autres gens sans vertu et sans énergie, mais de ces citoyens qui doivent à l’intégrité, un esprit plus libéral et plus élevé.

16/05/2018

Laïcité : les conditions de l’efficacité

Riche de l’histoire des combats qui ont permis d’en entrevoir l’existence et d’en préciser les contours, la laïcité reste une construction volontaire dont la pertinence est liée au respect d’un certain nombre de conditions.

 

La démocratie comme cadre

La laïcité ne s’épanouit durablement qu’au sein de sociétés démocratiques comportant un espace public qui fonctionne comme un lieu de construction des convictions politiques. Il faut une place publique symbolique, où s’affrontent et s’échangent les opinions de citoyens dotés de raison et sensibles à l’intérêt général.

 

Les droits de l’homme comme horizon

Par-delà les débats sur l’existence de valeurs ou de principes, ce qui importe c’est le constat que tout individu dispose de droits imprescriptibles indépendamment de leur reconnaissance par l’état qui doit, démocratiquement, garantir leur exercice.

Attribuant au sujet de droit une qualité abstraite et irréductible, les droits de l’homme libèrent l’individu de ses enracinements identitaire et le dotent d’une volonté autonome qui lui permet d’entrer librement en contact avec tous les autres.  

 

La séparation comme moyen

En organisant une séparation juridique des communautés religieuse (églises) et de l’état, on construit un modèle dont les vertus pacificatrices sont universellement reconnues.

Vue du côté de la société civile, la laïcité se présente comme  la mise en œuvre d’une coexistence tolérante des convictions, notamment religieuses. Vue du côté  la puissance publique, la laïcité se manifeste au travers de la garantie de cette coexistence.  Il  en découle, naturellement, une exigence de stricte neutralité religieuse de l’État.

 

La lucidité comme garantie

La  laïcité, c’est enfin un état d’esprit, certains ont dit une morale », et d’autres, une « spiritualité». S’y mêlent culture du doute et curiosité à l’égard de l’autre, compréhension et interrogation, souci permanent de rendre la société acceptable parce que diverse.

15/05/2018

Les politiques rendent la planète inhabitable

Dans une dictature, l’argent sert à acheter les armes et à payer la police et l’armée qui permettent de se maintenir au pouvoir.

En démocratie, l’argent permet de se faire réélire, en procurant des avantages matériels aux secteurs de la société dont le soutien électoral est indispensable.

Mais en règle générale, les gouvernements ne prennent aucune mesure qui irait à l’encontre des intérêts d’un secteur industriel puisant, aussi destructrices que puissent en être les activités, à moins d’y être contraints par la pression de l’opinion publique. .

Malheureusement, les grandes entreprises détiennent le quasi-monopole de l’argent. D’où l’alliance inévitable entre le gouvernement et l’industrie.

Le résultat inéluctable est que pratiquement aucun choix politique important n’est effectué aujourd’hui parce qu’il est humainement, socialement ou écologiquement souhaitable, mais plutôt parce qu’il sert les objectifs des «associations à but particulier».

Ce sont ces "politiques" qui sont en train de rendre la planète inhabitable.

09/05/2018

Multiculturel ou interculturel ?

Il n’existe pas à proprement parler de définition exhaustive: la plupart des dictionnaires se contentent pour ce qui concerne le multiculturel d’un « qui relève de plusieurs cultures » et d’un « qui concerne les rapports entre les cultures » pour l'interculturel.

Les notions de multiculturel et d’interculturel sont bien souvent abordées sans vraiment questionner leur véritable sens.

Dans le langage courant, ils sont couramment employés dans un sens équivalent qui recouvre en fait aussi des enjeux politiques et des conceptions différentes de la société.

Engagés dans de nombreuses batailles idéologiques, ils sont devenus porteurs de préférences idéologiques ou politiques et se sont ainsi chargés de jugements de valeur.

De mon point de vue, une société interculturelle invite au partage des savoirs, à la connaissance des coutumes de l’autre, à une imbrication et à une interpénétration mutuelles. Tandis qu'une société multiculturelle génère une juxtaposition des communautés d’où résultent rapidement une ghettoïsation des comportements et une séparation des idéaux.

06/05/2018

Le libre-échange intégral et la démocratie sont incompatibles

On doit admettre que tout le monde est plus ou moins protectionniste et plus ou moins libre-échangiste et que les positions peuvent varier en fonction des besoins et des priorités économiques et politiques du moment.

Mais, ne confondons pas un processus de développement (la mondialisation), une philosophie (le libéralisme) et des politiques économiques (libre-échangisme, protectionnisme).

Loin d’abolir le rôle des états, la mondialisation leur redonne au contraire tout leur sens : seule la puissance publique peut réguler la mondialisation en fixant des normes, en redistribuant les richesses, en aménageant le territoire.

Tentations du protectionnisme, fermeture des frontières, mise en œuvre de législations contraignantes, la mondialisation s’accompagne paradoxalement du grand retour des états. Le libre-échange est contesté dès lors qu’il compromet certaines questions jugées essentielles, comme l’emploi, la sécurité, la santé ou l’accès à l’énergie.

Loin d’abolir l’espace, la mondialisation redonne au contraire toute leur force aux singularités locales.

L’incertitude face aux mutations du monde, la rapidité des changements suscitent en réaction une réaffirmation des identités locales, une réactivation des communautés d’appartenance : recherche de socles identitaires, montée des communautarismes, la mondialisation fragmente paradoxalement le monde.

Le libre-échange intégral et la démocratie sont incompatibles, tout simplement parce que la majorité des gens ne veut pas du libre-échange.

Le seul pays à avoir inscrit dans sa Constitution le libre-échange a été les États américains sudistes, esclavagistes.

Le Nord, industriel et démocratique, derrière Lincoln, était protectionniste.

Normal, puisque le protectionnisme définit une communauté solidaire et relativement égalitaire, alors que le libre-échange suppose des ploutocrates et une plèbe.