19/04/2017

Femmes musulmanes entre vie traditionnelle et vie moderne

Les femmes musulmanes sont confrontées à un conflit personnel ; combiner la vie traditionnelle et moderne et vie professionnelle/vie privée.

 

L'image des sociétés arabes reste dominé par un déterminisme supposé religieux imposé par les structures patriarcales immuables, répond à une vision de l'Occident qui n'est pas conformément exact à la réalité. Des systèmes politiques pratiquement inchangés avec de graves carences démocratiques contribuent à maintenir cette perception.

Une des hypothèses les plus profondément enracinée en occident est l'immutabilité du paradigme patriarcal dans la structure sociale des pays arabes, ainsi que son explosion démographique supposée et de la vulnérabilité ou la subordination des femmes dans la famille.

Lien vers l'étude:
http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001833/183325f.pdf

Le développement de l'urbanisation, l'éducation des femmes, le ralentissement démographique, le succès de la planification familiale et l'intégration des femmes dans la sphère publique et du travail obligent à de profonds changements.

Cela implique une plus grande autonomie des femmes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la maison. C’est une étape très importante vers leur émancipation.

La transformation de l'espace social et de la famille arabe n'a pas encore atteint son point culminant, mais elle est, aujourd'hui dans une dynamique irréversible.

Si des questions comme le divorce sont considérés favorablement, d'autres tels que la cohabitation ou la perte de la virginité avant le mariage est «intolérable».

Suivant le frein de la tradition, les réactions patriarcales aux changements sociaux sont inévitables, mais en dépit de son influence à long terme ou à moyen terme, elles ont perdu la bataille.

Une étude (Femmes et familles dans les sociétés arabes actuelles) montre que les pays arabes, mais toujours avec des exceptions, font face à des facteurs qui ont eu lieu dans tous les processus d'autonomisation des femmes. Les mêmes combats silencieux que ceux menés par les femmes occidentales dans les années 60’.

Commentaires

Dans les pays musulmans les femmes ont beaucoup moins de droits qu'avant, elles doivent être voilées presque partout, comme dans les quartiers musulmans d'Europe! L'accès aux études supérieurs et plus difficile qu'avant!

Écrit par : dominique degoumois | 19/04/2017

Est ce que vous ne parlez que des femmes musulmanes dans les pays arabes ? Et quid des musulmanes Européennes, pour qui il y a seulement 15 ans le voile était une sorte de fantôme improbable et moyenâgeux ?

Écrit par : C. Martel | 19/04/2017

Récemment, dans Le Matin Dimanche, il y avait un article sur les femmes qui s'engagent dans le djihad. On y trouvait une information tragi-comique: bcp de jeunes filles somaliennes d'Europe du Nord partent en Syrie pour échapper aux pressions de leur famille (foulard, mariages arrangés etc). Elles s'imaginent qu'en Syrie, elles seront libres, puisque le califat islamique représente le salut et le paradis.

Autrement dit, ce seront sans doute les jeunes musulmanes d'Europe qui finiront par secouer le cocotier (en dépit de la gauche bien-pensante qui veut leur bien). Comme l'ont fait tant de jeunes filles turques d'Allemagne avant elles: elles voient leurs copines sortir en boîte, partir en vacances entre copines, boire des verres, aller à la piscine, choisir leur petit ami.... mais pas elles, qui doivent épouser un vieux chnoque en Anatolie, choisi par leurs parents et rester à la maison, Kinder, Küche et Kirche

Écrit par : Arnica | 19/04/2017

Intéressantes considérations. L'exigence de la virginité est un indicateur important de nombreux aspects de la société ou des individus qui la composent et sa discussion quelque peu détaillée nécessiterait des volumes. Quelques remarques lapidaires me paraissent intéressantes et peut-être utiles.
On dit que dans certaines société anciennes du Pacifique l'activité sexuelle était très libre, probablement parce que les enfants qui en étaient le fruit étaient pris en charge sans discrimination par la famille élargie. Vérité ou fantasme, ou mélange des deux, cela porte l'attention sur divers problèmes dont celui de la lignée, du pouvoir et des moyens de subsistance. Les sociétés auxquelles vous vous référez sont, sur tous ces points, me semble-t-il différentes de nos société occidentales modernes, surtout dans ses formes tribales.
Moyens de subsistance difficiles d'accès et donc accaparés plus ou moins exclusivement par des lignages dominants qui doivent, avec leurs privilèges, être protégés contre toute intrusion ou dilution. Domination des mâles, seul moyen de s'assurer de l'identité et de la pureté de la lignée, puisque l'identité biologique du père n'est pas repérable avec assurance, ce qui nécessite le contrôle de la fonction reproductrice, et donc de l'activité sexuelle, des femmes, du début à la fin du processus.
Cette nécessité vitale s'inscrit très logiquement dans les préceptes religieux qui, comme toutes les autres règles nécessaires à la pérennité de la société et à sa bonne gestion, aspirent à fonder la conduite de ses membres de manière surnaturelle et éternelle.
Débarrassées, en partie du moins, des exigences vitales de cette forme de société par l'abondance et la diversité des ressources vitales, en remplacement des fruits et des produits de la pêche des paradis du Pacifique, des relais étatiques d'aide aux familles désunies et aux enfants illégitimes, en remplacement des familles élargies des paradis évoqués, de la possibilité de s'assurer de la paternité réelle des descendants par l'examen du patrimoine génétique, en remplacement de la surveillance totale de la sexualité des femmes, nos sociétés modernes occidentales ont pu, en grande partie, sortir des contraintes premières auxquelles sont encore soumises celles auxquelles vous faites référence.
Notons que de nombreuses variantes ont toujours existé aux deux formes, en partie caricaturales, que j'ai décrites pour le plaisir de la discussion et peut-être la mise en lumière se certains problèmes qui nous touchent aussi et encore.
Difficile de mentioner un autre aspect du problème de la virginité, celui de sa valorisation et donc sa recherche parfois obsessionnelle, par certains hommes. J'ai essayé auparavant de lui donner un sens par une forme de nécessité sociale. A moins que cette valorisation et cette recherche soit mise au compte de quelque archétype, on ne peut que s'adresser à d'autres explications pour sa présence dans nos sociétés modernes, dont je mentionne deux qui me paraissent particulièrement intéressants.
La première serait la recherche de la rareté d'abord qui débouche sur une prise de pouvoir par le plus fort, l'exigence du neuf et donc du "pur" n'étant qu'un de ses aspects.
Ensuite, une certaine peur de la femme et de son pouvoir, dont témoignent d'innombrables témoignages anthropologiques (ou ethnographie). Elle se présente souvent sous d'autres formes il est vrai, comme celui de la peur du sang menstruel et du fantasme du "vagin denté".
Je fais référence ici à autre chose, une peur liée au désir de domination de certains hommes, qui veulent échapper au jugement que des femmes déjà expérimentées pourraient porter dur leur virilité. Une part de sadisme lié à la douleur de la défloration ne ferait qu'exalter ce sentiment de pouvoir et reporter tout sentiment "échec" ou d'insuffisance sur la "victime".
Je profite de ce petit essai d'explication pour dire un mot sur une autre aspect de l'exigence de virginité, qui est intrinsèquement lié à celui de l'âge. Je ne m'étends par sur les fantasmes de viol de nonnes entretenu (et malheureusement réalisés) par certains, qui combinent, eux, plusieurs violences, celle de la prise de la virginité, celle de la soumission d'une figure de femme mûre et celle du mépris du sacré.
Ce que je trouve plus intéressant, parce que faisait partie de la normalité de certaines sociétés, c'est le rôle parfois attribué, aux Trobriands et dans certaines sociétés aborigènes d'Australie, aux femmes mûres et expérimentés dans l'initiation sexuelle des adolescents. Il me frappe par sa logique, logique à laquelle nous sommes, dans les faits, totalement imperméables dans notre société ou malgré toute notre modernité les comportements sexuels sont toujours soumis aux clichés les plus anciens.

Écrit par : Mère-Grand | 20/04/2017

Cher Charly Schwarz, pourriez-vous donner à vos lecteurs la référence de l'étude que vous citez. Comme vous les savez, un des prodigieux apports du web à la connaissance et la faculté de créer des liens hypertextes vers les documents dont on parle. Bien à vous

Écrit par : JF Mabut | 20/04/2017

Voici le lien vers l'étude de base
http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001833/183325f.pdf

Écrit par : Charly Schwarz | 20/04/2017

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