05/06/2016

RBI: petit rappel des votations qui ont changé notre pays... en profondeur.

Le 24 mai 1925, l'initiative populaire visant l'insertion dans la constitution fédérale pour la création l'AVS a été rejetée à 58%.

Le 6 décembre 1931, la loi fédérale sur l'assurance-vieillesse et survivants a été rejetée à 60%

Et c'est seulement le 7 juillet 1947 que la loi fédérale sur l'AVS fut acceptée.

 

Le 1 février 1959, l'arrêté fédéral sur l'institution du suffrage féminin en matière fédérale été rejeté à 67%
Il faut attendre jusqu'au 7 février 1971 pour être accepté

 

Commentaires

Revenu de base inconditionnel. Le peuple suisse a balayé le concept. L’idée portée par référendum devant le peuple par la société civile a néanmoins eut le temps de germer. Que le peuple suisse ait pu se prononcer avant tous les autres sur une telle idée prouve une chose : les vertus du référendum. Outil de progrès, qui permet l’instauration du débat. C’est qu’elle a été discutée l’idée ces derniers temps, et pas seulement en Suisse. La voie est maintenant entr’ouverte, le modèle capitaliste et productiviste a vécu, un autre doit être inventé pour que dans l’avenir les inégalités et la pauvreté soient éradiquées. Cela prendra du temps. Idéalement le concept voit juste. Mettre tous les individus sur un pied d’égalité dès la naissance en leur octroyant un revenu inconditionnel pour couvrir leur besoins primaires : logement, nourriture, soins et éducation. Une révolution qu’il faut financer, certes. Et ce financement ne peut que rogner les marges des plus riches, diminuer les dividendes des actionnaires, affaiblir le capitalisme pour le mieux être de tous. Car les moyens sont là. C’est la manière dont ils sont distribués que remet en cause le RBI, la question est donc fondée, justifiée et pertinente. Plutôt que de s’attaquer de front au capitalisme, le RBI pose la question du modèle. Je ne doute donc pas que le vote d’hier soit une première étape : un jour le RBI sera une réalité et plus vite que l’on ne croit. Il pose les questions suivantes : le monde peut-il se développer sans l’avidité de certains ? Ne sont-ce pas eux, ces capitalistes avides, qui sont à la base du progrès, la course aux profits n’est-elle pas le moteur du développement ? Concurrence, libre échange, mondialisation, les outils mis en place par les ultra libéraux pour maximiser leurs profits sont-ils des dogmes incontournables, peut-on faire autrement ? Toutes ces questions sont au cœur du RBI, elles sont fondamentales et seuls quelques-uns en ont pris conscience, les plus éclairés. Plutôt que de se placer au cœur du conflit idéologique préexistant les initiateurs ont regardé par delà celui-ci, ils se sont placés avant tout le monde dans la société 4.0, une société numérisée qui étouffera si elle n’invente pas une autre manière de faire société, car plus la société se numérise, plus les écarts entre les plus riches et les plus pauvres se creusent, plus l’éducation devient le nerf de la survie. Le RBI a l’intelligence de poser l’équation de demain. La résolution de celle-ci dépendra beaucoup de l’intelligence et non du populisme, le RBI lance un défi aux sociétés modernes, et pas le moindre !

Écrit par : asger | 06/06/2016

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