07/04/2016

La Politique rend possible le mariage de la carpe et du lapin, c’est comme le Rugby

La Politique a ce merveilleux don de rendre possible le mariage de la carpe et du lapin. Elle concilie l'inconciliable en permettant l'union des contraires, comme au Rugby autour de ce ballon ovale aux rebonds capricieux (lisez le corps électoral).

Les déménageurs de piano (lisez les militants) y sont autant au service des virtuoses que les artistes ont besoin des gros bras. Il y a dans cette activité la fusion des différences, la complémentarité des oppositions dans le respect des dissemblances, dans l'harmonie des similitudes.

Dans notre société qui encourage la séparation des tribus, des clans, des groupes ethniques, la Politique, comme le Rugby, se nourrit de la complémentarité des différences. À ce titre, c'est une activité subversive.

Les premières lignes (lisez les «vieux » militants) ont peut-être la surcharge pondérale mais ils ont aussi l'amitié et la solidarité ancrées au plus profond du cœur. Ils sont les pierres angulaires, les fondations de ce mystérieux édifice que constitue un parti Politique ou une équipe de Rugby.

Les secondes lignes (lisez les conseillers municipaux) règnent à la fois dans les airs et au ras du sol. Puissance, force et légèreté, ils doivent marier cette contradiction en formant un couple indissociable sur le pré, eux qui sont souvent si différents dans la vie.

Suivent les plus roublards, les plus féroces parfois, les plus tendres aussi. Ils sont notre trait d'union. Les troisièmes lignes(lisez les députés) sont les rois de l'entre-deux : à mi chemin entre les grognards napoléoniens et la cavalerie légère. Ils sont capables de tout ; sur et en dehors du terrain et se mettent en quatre pour tous les autres.

Au cœur de l'édifice, arrivent maintenant les demis (lisez les conseillers d’état/conseillers administratifs). Ils sont appelés ainsi, parce qu'au centre du poste de commandement. L'un aboie, l'autre adroit, l'un teigneux, l'autre généreux, l'un chef d'une horde redoutable mais obéissante, l'autre commandant des troupes légères mais totalement imprévisibles.

Puis viennent les centres (lisez les conseillers nationaux) qui se trouvent pourtant au milieu de nulle part. Aussi dissemblables l'un de l'autre qu'il est possible. Ils sont un curieux hybride entre la troisième ligne et les arrières. Ils ont nécessairement mauvais caractère, ne sont pas toujours bons compagnons, prêts sans cesse à la moindre facétie au détriment de tous les autres.

Enfin, il y a les inclassables (lisez les conseillers fédéraux).Caractériels et véloces, ombrageux et adroits, filous ou barjots ... Ils ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils sont égoïstes. Ils doivent briller du travail des autres, les obscurs, les besogneux anonymes. Ce sont des aventuriers égocentriques qui se lancent dans des raids insensés sans se soucier du labeur des autres.

Dans un parti Politique, comme dans une équipe de Rugby, chacun, quelque soit son caractère, sa taille, son poids, sa vitesse ou sa force a une fonction, une place à tenir, une raison d'être au service de tous les autres. Les autres ne forment une équipe que s'ils sont capables de se dissoudre dans ce malstrom diabolique.

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