29/01/2014

L’homme politique emprunte chaque jour un peu plus les métaphores de l’économiste.

Les économistes, pour affirmer leur emprise et éteindre tout débat, ont cru possible de se détacher entièrement de la politique et du droit. Ils ont prétendu pouvoir construire une physique sociale, hors de tout lien avec le réel. Ils n’ont fait que transformer l’économie en une religion moderne, avec son Paradis et son Enfer, ses prêtres et son Inquisition.

Mais le réel a fini par les rattraper.

Ils ont, alors, bricolé un mélange entre certaines hypothèses réalistes et des éléments de leur monde imaginaire et sont revenus vers la politique et le droit, qu’ils ont voulu réinvestir de leurs croyances.

C’est ici qu’ils se sont transformés en chantres de tout ce qui peut limiter l’exercice de la démocratie, priver la souveraineté populaire de sens et de contenu.

Pour autant, leur discours n’a pas gagné en efficacité.

La politique économique menée par ceux que l’on nomme les économistes continue, année après  année, à engendrer crises, faillites et autres désastres.

Le paradoxe est étonnant. On le doit aux économistes du courant dominant. Ils ont construit un véritable discours de l’anti politique, qui réduit l’action à un simple protocole compassionnel.

Ce discours cependant ne fait que refléter ce qu’il y a de plus dogmatique dans la pensée économique. Il en révèle progressivement le non-dit en matière d’ordre social et politique.

Voici donc le cœur du problème…

Face à l’avenir incertain, les gouvernements doivent utiliser le protectionnisme afin de garanti la pérennité de leur capacité à décider demain. Le degré nécessaire est celui qui évite une irréversibilité industrielle ou technique.

Cela implique que l’on doit maintenir un degré de protectionnisme même si dans l’instant le libre-échange serait préférable justement parce qu’il est impossible de prévoir entièrement ce que sera l’instant suivant.

La combinaison nécessaire du protectionnisme et l’initiative d’État a d’ailleurs été établie par un des plus grands spécialistes de l’histoire économique, Alexandre Gerschenkron.

Il ne faut pas confondre protectionnisme et autarcie comme le font souvent à dessein les thuriféraires du libre-échange !

Les discours de la globalisation expriment la dépolitisation des choix économiques. Les institutions démocratiques sont dépossédées de leur capacité à légiférer, réglementer ou normer, au nom d’un principe de compétence réputé supérieur à la démocratie.

Cette dépossession repose sur les représentations d’une impuissance des institutions démocratiques face aux forces du marché.

Ce dernier, alors entièrement fétichisé, perd son statut d’institution humaine pour s’affirmer comme une forme quasi divine aux arrêts sans appel. Ce faisant, les économistes nous proposent aussi une vision du droit.

On assiste à la fétichisation des manifestations de l’économie. Elle va de concert avec une réification des acteurs. L’espace de la discussion publique ne peut plus, dès lors, que s’organiser autour de deux pôles. Le premier, technique, est dévolu aux experts ; c’est celui de l’exégèse des lois naturelles de l’économie.

Le second est éthique ; c’est celui de la compassion que l’on éprouve face aux conséquences de ces lois.

Cette double polarité signe la fin de la politique.

Je ne reproche pas aux économistes de tenir un discours politique, mais de le faire sans en avoir conscience et sans en assumer les conséquences.

28/01/2014

"Pragmatique", le pire qualificatif pour un homme politique.

Tous les systèmes mis en place (administratif, commercial, industriel) visent à assurer un contrôle.


Les hommes s’efforcent sans cesse d'unifier le monde en faisant des systèmes bien délimités.


Il en résulte d'innombrables petites associations entre partis.


Aujourd’hui le pragmatisme est un nouveau nom pour des anciennes manières de penser, et reste encore une question ouverte, tout comme l’empirisme radical ou le pluralisme.

27/01/2014

La loi modifiant la loi générale sur les zones de développement est-elle écologique ?

Une ville dense permet des modes de vie urbains à haut niveau de services. Mais, il revient aux acteurs de la ville de réinventer les nouvelles densités urbaines qui sont le contraire des « prêt à penser » qui assimilent la ville dense à ville oppressante ou anxiogène, et en font son « mal de vivre ».


Le développement de la ville rend très difficile la réponse aux enjeux humains, urbains et écologiques. D'autres aménagements du territoire, d'autres organisations, sont, à l'évidence, préférable et nécessaire.

La maîtrise du développement urbain est de surcroît nécessaire eu égard à l'importance de maintenir des terres affectées à d'autres usages, et d'abord à l'agriculture.

Dès lors que certaines conditions sont remplies, comme toujours une question de choix politiques, la ville dense est plus écologique.

26/01/2014

La richesse provient du bon fonctionnement du monde naturel.

Parmi les économistes, même ceux qui voient toute l’absurdité de notre système comptable persistent à nier que la destruction de l’environnement soit problématique, car ils ont appris à penser que le marché, en conjonction avec la science, la technique et l’industrie, est capable de pallier à toute pénurie de ressources.

Cette attitude aberrante est encore davantage justifiée par la science orthodoxe, qui s’attache à dénigrer tous processus naturels.

Ils ignorent que l’un principe de base, de la vision écologique du monde, est que les bienfaits véritables, et donc la richesse réelle, proviennent du bon fonctionnement du monde naturel.

Un climat favorable et stable, des forêts, des savanes et des terres agricoles fertiles, des rivières et ruisseaux, des sources et réserves d’eau souterraines, des marais et récifs coralliens, des mers et océans et les myriades d’espèces vivantes qui les peuplent.

Voilà ce qu’il faut considérer comme notre véritable richesse.

21/01/2014

Ma Politique...

Il faut remonter aux sources, évoquer les pionniers, éprouver la valeur de leurs idées en regard du monde actuel, dire la manière dont je les conçois, les formules et les appliques aujourd’hui.

Ce que je veux, c’est proposer une vision politique assez large pour que la cohérence puisse en être éprouvée dans la durée.

L’évolution récente de la politique semble opposer avec une intensité accrue la gauche et la droite.
Une gauche conservatrice crispée sur les acquis sociaux et salariaux, le bien-être de sa clientèle de fonctionnaires ou une gauche idéaliste qui veut refaire le monde.

Une droite néolibérale et internationaliste, confiante dans les forces de l’homme, dans l’équilibre de l’économie et de la société automatiquement orientées par la grâce du marché vers le mieux-être possible.
Ou une droite nationale, attachée aux traditions garantes d’un ordre naturel au réflexe de prudence qui neutralise la créativité.

Je propose d’avancer sur un autre chemin dont s’écartent à la fois le néolibéralisme et le collectivisme.

Le néolibéralisme avec sa prime à la force brute.
Le collectivisme qui perpétue l’illusion totalitaire de Rousseau, qui néglige le risque de découragement des investisseurs privés.
Cette ‘’autre voie’’ souligne la fonction organique des communautés médianes qui ordonnent les activités particulières vers un but social sans user de la contrainte étatique.
Le partenariat social reste une réalité solide, même s’il reste moins médiatique que le triomphe des grands financiers et les révoltes de protestataires aux cortèges sans lendemains.

A la convergence des efforts individuels, je souhaite œuvrer aujourd’hui selon des modalités nouvelles, mais en fonction de principes durables.

A moi de conserver la substance d’une pensée qui incorpore l’élan de la créativité et de la responsabilité personnelle, de reconnaître la fonction suprême de l’Etat que s’il consolide les forces du pays en respectant leur autonomie.

08/01/2014

«le judicaire est poussé en première ligne par des institutions politiques en voie de décompositions»

Le pouvoir judiciaire s’affirme de plus en plus dans nos démocraties modernes. 

L’apparition d’un contre-pouvoir juridictionnel est reconnue par plusieurs auteurs ; ainsi, peu à peu, au terme d’un processus d’affirmation, puis d’émancipation, le juridictionnel aurait accédé, au statut de pouvoir.  

Un pouvoir comparable au pouvoir exécutif et législatif ; dans un système démocratique, le juge, porté par la doctrine et l’opinion publique, posséderait une faculté d’empêcher et une faculté de statuer.  

La montée en puissance des juges vint renforcer ce soupçon de « gouvernement des juges ».  

C’est le fait que les juges ont en charges des litiges à caractère collectif et non plus simplement individuel : de véritables questions de société et non des différends entre particuliers, ce qui accentue le caractèrepolitique-au sens des affaires de la cité-de leur intervention.  

Et comme l’écrit Paul Ricoeur : «le judicaire est poussé en première ligne par des institutions politiques en voie de décompositions».