21/03/2013

Un nouvel art de gouverner

 La force de la démocratie participative tient à la diversité des usages, à sa capacité d’ancrage dans des registres et des systèmes de références disparates.

Mais elle tient également à la force sociale des discours qui accompagnent la diffusion des instruments et auxquels se réfèrent ceux qui les emploient.

L’apparition de la démocratie participative est la résultante de lents mouvements de la société en partie expliquées par les défaillances collectives de nos dirigeants, leurs incapacités grandissantes à assumer leurs devoirs.

Les caractéristiques des premières expériences sont d’être portées par la mobilisation des associations et d’être issues d’un mouvement ascendant.

 

Les origines

Les premières notions de démocratie participative remontent au début des années 60 et prennent racine dans les mouvements contestataires radicaux américains, où elles trouvent leurs premières formulations rhétoriques.

La diffusion du thème de la démocratie participative au niveau international renvoi à des logiques très différentes selon que l’on considère ses applications anglo-saxonnes (prendre en compte les désirs des usagers des services publics) ou latino-américaine (renforcement du pouvoir des populations les plus défavorisées).

La démocratie participative fait aussi partie depuis quelques années du lexique européen.4

 

 

En démocratie l’aptitude à juger des affaires politiques doit être considérée comme universelle.

Il faut reconnaitre la capacité de chacun/une à délibérer, avec d’autres, sur le bien commun et sur son aptitude à mettre ses compétences individuelles au service d’un projet collectif.

Il n’existe pas de question complexe qui doit être, à priori, réservée à des spécialistes dès qu’il s’agit d’en juger politiquement.

Les habitants de Genève sont capables de se prononcer, en mobilisant pour y parvenir des considérations de justice générale (pour Aristote, la justice générale est la conformité à la loi. ... Cette vision d'une justice générale est courante en éthique des affaires aujourd'hui).

En « démocratie représentative » (aussi appelée "aristocratie élective") le citoyen délègue son pouvoir à des représentants qui incarnent la volonté générale. Ils votent les lois.

 

Mais les limites de la démocratie représentative sont nombreuses :
Insuffisance de représentativité, les représentants élus ayant tendance à ne pas être représentatifs du corps électoral (niveau des revenus, d'instruction, classes sociales différents).

La composition socioprofessionnelle des députés en étant une assez bonne illustration. Dès lors, les intérêts des élus ne coïncident pas nécessairement avec ceux de leurs électeurs.


Il est bien souvent difficile à un candidat de remporter des élections sans se présenter au nom d'un parti politique. Dès lors le représentant politique risque de devoir agir à l'encontre de ses convictions pour être en conformité avec la ligne directrice de son propre parti, même si bien souvent il s'agit de compromis secondaires.


On peut dès lors constater une forte abstention des électeurs et d'une tendance à la concentration des forces politiques et à terme le bipartisme.

 

Aujourd'hui, libérés des contraintes organisationnelles grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons imaginer bien d'autres moyens de recueillir l'opinion des gens et d'en faire bon usage.

 

L'électronique simplifie à la fois le recueil de suffrages et le dépouillement, instantané. L'internet permet à des groupes de pression citoyens de se constituer pour faire face aux lobbys.

L'initiative citoyenne prend ainsi tout son sens, et la volonté populaire toute sa dimension.

 

Une réelle démocratie participative nécessite d’être institutionnalisée tout d’abord et surtout en termes de reconnaissance officielle de sa portée, de son rôle.

 

Il faut que cette institutionnalisation soit manifestée et reconnue constitutionnellement et prévoir les acteurs précis de la démocratie participative :

 

le pouvoir politique – le pouvoir économique – le pouvoir de la société civile.

 

Il s’avère nécessaire de prévoir également d’une manière juridique l’articulation entre ces trois piliers de gestion de la société humaine.

Il s’agira donc de la participation à un processus d’élaboration de la décision qui va au-delà de la consultation ou de la concertation. 

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