01/07/2010

Mieux que la « parité », la Déclaration universelle sur la Démocratie !

PREMIERE PARTIE - LES PRINCIPES DE LA DEMOCRATIE

1. La démocratie est un idéal universellement reconnu et un objectif fondé sur des valeurs communes à tous les peuples qui composent la communauté mondiale, indépendamment des différences culturelles, politiques, sociales et économiques. Elle est donc un droit fondamental du citoyen, qui doit être exercé dans des conditions de liberté, d'égalité, de transparence et de responsabilité, dans le respect de la pluralité des opinions et dans l'intérêt commun.

2. La démocratie est à la fois un idéal à poursuivre et un mode de gouvernement à appliquer selon des modalités traduisant la diversité des expériences et des particularités culturelles, sans déroger aux principes, normes et règles internationalement reconnus. Elle est donc un état, ou une condition, sans cesse perfectionné et toujours perfectible dont l'évolution dépend de divers facteurs, politiques, sociaux, économiques et culturels.

3. En tant qu'idéal, la démocratie vise essentiellement à préserver et promouvoir la dignité et les droits fondamentaux de l'individu, à assurer la justice sociale, à favoriser le développement économique et social de la collectivité, à renforcer la cohésion de la société ainsi que la tranquillité nationale et à créer un climat propice à la paix internationale. En tant que forme de gouvernement, la démocratie est le meilleur moyen d'atteindre ces objectifs; elle est aussi le seul système politique apte à se corriger lui-même.

4. Il ne saurait y avoir de démocratie sans un véritable partenariat entre hommes et femmes dans la conduite des affaires publiques où hommes et femmes agissent dans l'égalité et la complémentarité, s'enrichissant mutuellement de leurs différences.

5. L'état de démocratie garantit que les processus d'accession au pouvoir et d'exercice et d'alternance du pouvoir permettent une libre concurrence politique et émanent d'une participation populaire ouverte, libre et non discriminatoire, exercée en accord avec la règle de droit, tant dans son esprit que dans sa lettre.

6. La démocratie et les droits énoncés dans les instruments internationaux visés dans le préambule sont consubstantiels. Ces droits doivent donc être réellement appliqués et leur juste exercice doit être assorti de responsabilités individuelles et collectives.

7. La démocratie est fondée sur la primauté du droit et l'exercice des droits de l'homme. Dans un Etat démocratique, nul n'est au-dessus de la loi et tous les citoyens sont égaux devant elle.

8. La paix et le développement économique, social et culturel sont autant la condition que le fruit de la démocratie. Il y a véritablement interdépendance de la paix, du développement, du respect de l'état de droit et des droits de l'homme.

DEUXIEME PARTIE - LES ELEMENTS ET L'EXERCICE D'UN GOUVERNEMENT DEMOCRATIQUE

9. La démocratie repose sur l'existence d'institutions judicieusement structurées et qui fonctionnent ainsi que d'un corps de normes et de règles, et sur la volonté de la société tout entière, pleinement consciente de ses droits et responsabilités.

10. Les institutions démocratiques ont pour rôle d'arbitrer les tensions et de maintenir l'équilibre entre ces aspirations concurrentes que sont la diversité et l'uniformité, l'individuel et le collectif, dans le but de renforcer la cohésion et la solidarité sociales.

11. Fondée sur le droit de chacun de participer à la gestion des affaires publiques, la démocratie implique l'existence d'institutions représentatives à tous les niveaux et notamment d'un Parlement, représentatif de toutes les composantes de la société et doté des pouvoirs ainsi que des moyens requis pour exprimer la volonté du peuple en légiférant et en contrôlant l'action du gouvernement.

12. L'élément clé de l'exercice de la démocratie est la tenue à intervalles périodiques d'élections libres et régulières permettant l'expression de la volonté populaire. Ces élections doivent se tenir, sur la base du suffrage universel, égal et secret, de telle sorte que tous les électeurs puissent choisir leurs représentants dans des conditions d'égalité, d'ouverture et de transparence qui stimulent la concurrence politique. C'est pourquoi les droits civils et politiques sont essentiels, et plus particulièrement, le droit de voter et d'être élu, le droit à la liberté d'expression et de réunion, l'accès à l'information, et le droit de constituer des partis politiques et de mener des activités politiques. L'organisation, les activités, la gestion financière, le financement et l'éthique des partis doivent être dûment réglementés de façon impartiale pour garantir la régularité des processus démocratiques.

13. L'une des fonctions essentielles de l'Etat est de garantir à ses citoyens la jouissance des droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux. La démocratie va dès lors de pair avec un gouvernement efficace, intègre, transparent, librement choisi et comptable de sa gestion.

14. Etre comptable devant les citoyens, élément essentiel de la démocratie, s'applique à tous les détenteurs, élus et non élus, de la puissance publique et à tous ses organes, sans exception. Cela se traduit par le droit du public d'être informé des activités des pouvoirs publics, de leur adresser des requêtes et de demander réparation par le biais de mécanismes administratifs et judiciaires impartiaux.

15. La vie publique, dans son ensemble, doit être marquée du sceau de la morale et de la transparence, raison pour laquelle il faut élaborer et appliquer des normes et règles propres à les assurer.

16. La participation individuelle aux processus démocratiques et à la vie publique à tous les niveaux doit être réglementée de manière équitable et impartiale et doit prévenir toute discrimination ainsi que le risque d'intimidation de la part des acteurs étatiques et non étatiques.

17. Des institutions judiciaires et des mécanismes de contrôle indépendants, impartiaux et efficaces sont les garants de l'état de droit, fondement de la démocratie. Pour que ces institutions et mécanismes puissent pleinement veiller au respect des règles, améliorer la régularité des procédures et réparer les injustices, il faut que soient assurés l'accès de tous, sur une base de stricte égalité, aux recours administratifs et judiciaires ainsi que le respect des décisions administratives et judiciaires, tant par les organes de l'Etat et les représentants de la puissance publique que par chacun des membres de la société.

18. Si l'existence d'une société civile agissante est un élément essentiel de la démocratie, la capacité et la volonté des individus de participer aux processus démocratiques et de choisir les modalités de gouvernement ne vont pas de soi. Il est donc nécessaire de créer les conditions propices à l'exercice effectif des droits participatifs, tout en éliminant les obstacles qui préviennent, limitent ou empêchent pareil exercice. Aussi est-il indispensable de promouvoir en permanence, notamment, l'égalité, la transparence et l'éducation, et de lever des obstacles, tels que l'ignorance, l'intolérance, l'apathie, le manque de choix et d'alternative véritables, et l'absence de mesures destinées à corriger les déséquilibres et discriminations de caractère social, culturel, religieux, racial ou fondés sur le sexe.

19. Pour que l'état de démocratie soit durable, il faut donc un climat et une culture démocratiques constamment nourris et enrichis par l'éducation et d'autres moyens culturels et d'information. Une société démocratique doit dès lors s'attacher à promouvoir l'éducation, au sens le plus large du terme, incluant, en particulier, l'éducation civique et la formation à une citoyenneté responsable.

20. Les processus démocratiques s'épanouissent dans un environnement économique favorable; aussi, dans son effort général de développement, la société doit-elle s'attacher tout particulièrement à satisfaire les besoins économiques fondamentaux des couches défavorisées assurant ainsi leur pleine intégration au processus de la démocratie.

21. L'état de démocratie suppose et la liberté d'opinion et la liberté d'expression, ce qui implique le droit de n'être pas inquiété pour ses opinions et celui de chercher, recevoir et répandre les informations et les idées, sans considérations de frontières, par quelque moyen d'expression que ce soit.

22. Dans les sociétés homogènes comme dans les sociétés hétérogènes, les institutions et les processus de la démocratie doivent favoriser la participation populaire pour sauvegarder la diversité, le pluralisme et le droit à la différence dans un climat de tolérance.

23. Les institutions et processus démocratiques doivent aussi favoriser la décentralisation du gouvernement et de l'administration, qui est un droit et une nécessité, et qui permet d'élargir la base participative.

TROISIEME PARTIE - LA DIMENSION INTERNATIONALE DE LA DEMOCRATIE

24. La démocratie doit aussi être reconnue comme un principe international, applicable aux organisations internationales et aux Etats dans leurs relations internationales. Le principe de la démocratie internationale ne signifie pas seulement représentation égale ou équitable des Etats; il s'étend aussi à leurs droits et devoirs économiques.

25. Les principes de la démocratie doivent s'appliquer à la gestion internationale des problèmes d'intérêt mondial et du patrimoine commun de l'humanité, en particulier l'environnement humain.

Commentaires

C'est un très beau et très juste playdoyer pour la démocratie.
Mais comment est-elle appliquée dans les faits ?
En Europe nous sommes en effet entourés de démocraties qui toutes se prévalent du peuple de par les élections, et qui toutes sont basées sur un même modèle. Un Président, un 1er ministre et les autres ministres. Comme du temps de la royauté : un roi et ses princes.

Procédons donc par étape pour y voir plus clair.
Nous sommes à la veille des élections, soit plusieurs mois avant l'événement.
1) Au nom des principes universels de l'idéal démocratique, les candidats mènent campagne auprès des électeurs. Grandes envolées verbales et promesses. Conférences, serrements de mains, visites aux artisans, aux paysans, et à tous autre électeur potentiel.
2) En sous-main, accords entre les partis, les hommes politiques et les grands de l'industrie. Du genre "Si tu votes pour moi je ferai tout pour que tu obtiennes les subventions que tu réclames". Ou aussi : "Si tu ne votes pas pour moi je me verrai forcé de dévoiler certains faits de ta vie privée". En fait tous les coups sont permis.
3) Vient le jour des élections. Le peuple vote. Alors plusieurs cas sont possibles :
- Les fanatiques d'un parti voteront toujours pour leur parti
- Les pragmatiques voteront selon les promesses qui les concernent le plus
- Les indécis voteront selon la gueule, la voix et la prestance des candidats.
Et le soir on connait les résultats.
Le président est connu.
4) Il forme alors son gouvernement en nommant un 1er ministre qui à son tour va nommer ses ministres parmi les députés de son parti ou parmi ceux à qui (élection oblige) certaines promesses ont été faites.
5) Vient alors le temps de la législature. Pour la plupart, les promesses sont oubliées. Mais le gouvernement devant faire face à l'opposition et à la colère du peuple doit faire en sorte ... qu'il soit réélu la fois suivante.

En conclusion :
1) Toutes ces belles démocraties ne sont qu'une réplique de la royauté. Le roi et ses princes. La seule différence tient dans le fait que ce roi et ces princes sont élus et choisis et non plus héréditaires.
2) Une fois élus, tous ces "princes" ne pensent plus qu'à une chose, être réélu. Et pour l'être il faut plaire. Et pour plaire on fait des concessions, on graisse des mains, on promulgue des lois ineptes mais "électoralistes" destinées à plaire, on dilapide l'argent public pour plaire à un électorat déçu. On fait fi de l'économie et du budget de l'Etat, le seul but étant d'être réélu ou de plaire au "souverain", le président, le "roi".
3) En fait, tous ces Etats qui se réclament de la démocratie ne sont en fait que des "Démocraties totalitaires" où une fois élus, le "roi" et ses "princes" peuvent faire n'importe quoi. Et où le peuple n'a que 2 droits : élire ses "princes" puis manifester son mécontentement dans la rue.

3) Grâce à Dieu, la Suisse est la seule démocratie où il n'y a pas de "roi". Ceci n'empêche pas néanmoins un certain électoralisme parmi nos ministres et nos conseillers féréraux. Et cela n'empêche pas non plus qu'ils fassent des bêtises car ce sont des hommes et pas forcément parmi les plus intelligents ni les plus courageux ni les plus combatifs. Car le calme des consensus mous de leurs décisions politiques n'aiguise ni le courage politique ni la pugnacité auxquels leurs homologues des "démocraties totalitaires" sont habitués de par leurs combats avec l'opposition et le peuple lui-même.

Et si vous n'êtes pas d'accord, faites-le moi savoir.

Écrit par : Lambert | 01/07/2010

Mr. Lambert votre message montre tout ce pourquoi je déteste le monde des politiciens! Merci.

Écrit par : zakia | 02/07/2010

Les commentaires sont fermés.